L’avis de… Bénédicte Hautefort, présidente-fondatrice du cabinet InvestorSight

« Un interlocuteur privilégié »

le 13/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi cette émergence d’administrateurs indépendants référents en France ?

La principale raison est liée au fait que les actionnaires étrangers, et plus particulièrement anglo-saxons, sont plus tatillons sur les sujets de gouvernance après la crise, et surtout sur la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et les représentants des actionnaires. Dans ce contexte, dans les sociétés où il y a un PDG, on a vu apparaître des administrateurs indépendants référents pour rassurer les actionnaires quant à la prise en compte de leurs intérêts au sein du conseil d’administration.

Quel est son rôle ?

Dans la terminologie anglaise, le « lead independant director » a une responsabilité particulière, celle d’être en charge des relations avec les actionnaires. En France, on s’interroge encore sur la manière dont va être transposé ce concept alors que les administrateurs sont responsables collégialement, et non à titre individuel. La notion est encore assez floue. En revanche, on ne voit pas pourquoi il aurait plus de poids sur la stratégie que les autres administrateurs. Finalement, il faut y voir la volonté d’avoir un interlocuteur privilégié qui soit le garant de la bonne conduite de la gouvernance.

Justement, en quoi est-il garant d’une bonne gouvernance ?

C’est toute la question, car il n’existe aucun cadre ni aucune définition juridique. En Grande-Bretagne, c’est lui qui, lors de l’assemblée générale, présente l’évaluation du conseil d’administration et celle du président. En France, on ne sait pas encore s’il tiendra ce rôle, les sociétés ayant un tel administrateur n’ont pas encore tenu leur assemblée générale.

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