DOSSIER Finance en Chine

Les financières françaises maintiennent leurs ambitions

le 14/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Présents depuis de nombreuses années sur le marché chinois, banquiers et assureurs occupent encore une place très marginale.

La Chine, ce n’est pas un eldorado. » Les propos de Philippe Aguignier, responsable des activités banque de détail pour l’Asie chez BNP Paribas, résument parfaitement les difficultés des groupes bancaires français en terres chinoises. Présentes dans le pays depuis 1981 à travers la banque de financement et d’investissement et la banque privée, BNP Paribas et Société Générale occupent encore une place très marginale dans le paysage bancaire local. Au cours des dernières années, elles ont toutefois redoublé d’efforts pour y développer leurs activités de banque de détail.

Dans cette optique, en 2005, BNP Paribas est entré au capital d’un acteur local, Bank of Nanjing, dont elle détient aujourd’hui 12,6 %. Objectif : l’accompagner dans son développement et son expansion territoriale. « Nous avons ouvert des agences dans la province du Jiangsu, ainsi qu’à Shanghai en 2008, puis à Pékin en 2009, explique Philippe Aguignier. Nous allons continuer en 2010. » Si son partenaire a dépassé le seuil des 100 milliards de renminbis de dépôts (10 milliards d’euros), avec près de 20 % de croissance annuelle en moyenne, sa contribution aux résultats du groupe reste modeste : une vingtaine de millions d’euros seulement en 2008. Mais cette alliance lui permet de se diversifier. Après avoir démarré son activité de crédit à la consommation en 2007, BNP Paribas a lancé l’an dernier des services bancaires à destination des PME internationales implantées en Chine.

Pour sa part, Société Générale a misé sur la création ex nihilo de son réseau local. Depuis septembre 2009, sa filiale Société Générale China, créée un an plus tôt, a obtenu le feu vert des autorités pour traiter des opérations en monnaie locale avec les particuliers chinois. Désormais, la banque entend donc mettre les bouchées doubles pour développer son activité de banque de détail. Elle envisage ainsi d’ouvrir 50 nouveaux points de vente dans les cinq ans à venir, contre 7 seulement aujourd’hui, et accroître ses effectifs de 550 à plus de 700 personnes en 2010.

En quête de rentabilité

A l’instar des banques, les assureurs français entendent également accélérer leur croissance en Chine. Mais pour eux aussi, la partie est loin d’être gagnée. Présent depuis 1999 via sa coentreprise avec Minmetals, Axa affiche encore une part de marché inférieure à 1 %. En 2008, Axa Minmetals a enregistré un chiffre d’affaires de 589 millions de renminbis (59 millions d’euros). Une paille par rapport aux 91 milliards d’euros de revenus enregistrés par le groupe en 2008. Pour autant, Axa affiche toujours de fortes ambitions. « Notre objectif est de devenir un des acteurs leader du pays à moyen et long terme, avance Bin Gao, chargée de mission pour la Chine chez Axa. En raison de son potentiel, la Chine est un marché incontournable. »

Pour Groupama, la Chine est un investissement de très long terme. Présent depuis cinq ans en assurance non vie dans la province du Sichuan, l’assureur vert affiche une réussite en demi-teinte. « En 2009, nous avons doublé notre chiffre d’affaires par rapport à 2008, à un peu moins de 5 millions d’euros, souligne Pierre Lefèvre, responsable du projet Chine chez Groupama. Nous voulons encore le doubler en 2010. » Mais sa filiale chinoise n’a toujours pas atteint l’équilibre financier. « Notre activité n’est pas encore rentable, mais tout sera réglé dans deux ans », espère-t-il. En parallèle, l’assureur a ouvert, début 2009, un bureau de représentation en assurance vie. « Nous demanderons une licence de plein exercice début 2011 », annonce Pierre Lefèvre.

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