Dossier Conseil et services

La finance reste un moteur de la croissance des SSII françaises

le 30/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Si les banques passent leurs prestataires de services au tamis, les spécialistes informatiques restent indispensables.

Malgré la tourmente, les établissements financiers ont maintenu leur demande auprès des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII). Premiers touchés par la crise, ils étaient aussi les premiers à en sortir : « Dès le début 2009, les SSII étaient déjà sollicitées pour des appels d’offres dans le secteur financier », note Philippe Tavernier, vice-président de Syntec Informatique (1) et directeur général de Sogeti France. Pierre Audoin Consultants, qui anticipe pour le secteur des logiciels et des services en France un retour à un « rythme de croisière pré-crise en 2011 », estime que la finance redeviendra une locomotive de la croissance en 2011-2012. En définitive, des SSII pure players de la finance, comme Aedian, n’ont pas été contraintes de revoir leur stratégie et d’élargir leur horizon à d’autres industries : « Le secteur financier comporte un portefeuille de clientèle et d’offres tel qu’il y a toujours un ‘moteur allumé’ », souligne Stéphane Morvillez, directeur général d’Aedian.

Les budgets informatiques des banques et assurances ont néanmoins été placés sous surveillance, même si les groupes bancaires n’ont pas pu faire l’économie d’investissements stratégiques. Le rapprochement de quelques mastodontes a nourri les projets de refonte des systèmes d’information, que se sont disputés les SSII : BNP Paribas-Fortis, Caisses d’Epargne et Banques Populaires, les gestions d’actifs de Société Générale et de Crédit Agricole pour donner naissance à Amundi ; côté assurances, AG2R-La Mondiale ou encore la fusion entre Maaf-GMF et MMA en Covéa. La taille même de ces projets a favorisé le recours à de grands acteurs, capables de fournir une réponse globale. « Nos clients attendent désormais un continuum de services. Les ressources externes doivent faire preuve de compétences métiers accrues et de séniorité pour apporter une forte valeur ajoutée », observe Laurent Cornu, directeur associé de l’activité Services financiers chez Sopra Consulting. Pour sa part, Philippe Tavernier confirme que « les banques ont effectué une sélection resserrée de leur fournisseurs pour obtenir des économies, compensées par des engagements en termes de volumes et de pérennité ».

Retour vers la distribution

Si, au cours de l’année 2009, les projets ne donnant pas lieu à des réductions de coûts ont été annulés ou reportés, 2010 semble s’annoncer sous de meilleurs auspices. « La banque de détail est redevenue une aire significative d’investissements IT », estime Stéphane Morvillez. Aujourd’hui, il s'agit de réinvestir dans les projets concernant la distribution, aussi bien dans la banque que dans l’assurance. La compétition accrue a ravivé les enjeux de fidélisation, d’acquisition et de rétention des clients. Les projets de CRM (gestion de la relation client), mis en veilleuse pendant deux ans, renaissent : « Optimisation des flux, convergence des canaux, ergonomie du poste de travail et même des lieux d’accueil en agence sont au cœur des préoccupations du monde bancaire », confirme Laurent Cornu. Des perspectives encourageantes pour les SSII qui ont su mettre à profit cette période de vaches maigres pour investir dans la formation : « Notre secteur a massivement formé ses effectifs durant la traversée de la crise », souligne Philippe Tavernier.

Le marché des prestations intellectuelles, dont les acteurs financiers sont traditionnellement de gros clients, a fait un appel plus important au mode forfaitaire, au détriment de la régie. Et la qualité des services devient un facteur crucial : « Notre groupe réalise 20 % de son chiffre d’affaires autour de la qualité des logiciels. Ce point s’est nettement développé durant la crise, avec la forte volonté des directions des services d'information d’améliorer la qualité des systèmes d’information et de réduire les coûts liés aux développements informatiques », conclut Stéphane Morvillez. 

(1) Chambre professionnelle des sociétés de services informatiques

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