Edenred répond à de nouveaux indicateurs clés de performance

le 10/06/2010 L'AGEFI Hebdo

L’activité de services née de la scission du groupe Accor a dévoilé sa nouvelle identité un peu moins d’un mois avant son entrée en Bourse.

Quarante ballons rouges géants pour symboliser le nombre de pays où elle est présente. Le 8 juin, Accor Services est devenue Edenred. Un nom qui renvoie au logo de Ticket Restaurant, créé en 1962, et à la notion de réseau (« red » en espagnol) - entre entreprises ou collectivités (490.000 clients), salariés ou citoyens (33 millions d’utilisateurs), affiliés (1,2 million de commerces) et pouvoirs publics. Quant à « eden », c’est le paradis, mais aussi l’acronyme de son projet : Entreprendre Différemment ENsemble. Lancé en janvier par Jacques Stern, il doit souder les 6.000 collaborateurs et soutenir la stratégie avant la cotation (le 2 juillet).

Pour augmenter le taux de pénétration des produits d’Edenred, son PDG, 46 ans, entré en 1992 chez Accor, connaît le mécanisme : « La pénétration d’un marché débute par la mise en place d’un produit de type Ticket Restaurant. Ensuite, nous pouvons proposer des produits complémentaires, hors alimentation. Enfin, le marché est mûr pour des produits de performance : la gestion des frais professionnels, les produits de stimulation et de récompenses type cartes cadeaux et les nouveaux produits prépayés électroniques. » Edenred pourrait ainsi s’implanter dans deux à quatre nouveaux pays d’ici à 2012, puis dans six à huit d’ici à 2016. « Nous avons une stratégie de croissance organique, précise Jacques Stern. Si des occasions d’acquisitions se présentent, nous pourrions les saisir si elles apportent des synergies et dans des conditions qui nous permettent de maintenir le niveau de notation de l’entreprise. »

Augmenter la valeur faciale des titres en pleine crise ? Historiquement implanté en France et en Italie, mais aussi au Brésil (30 ans), Edenred tire 52 % de son activité des pays émergents. En outre, dans les Etats développés, entre 2005 et 2009, son volume d’émission a encore crû de 48 % et sa marge brute d’autofinancement de 9,6 %. Or, il s’agit de deux indicateurs clés de sa performance, avec des objectifs de croissance de 6 % à 14 % par an pour le premier et de plus de 10 % à moyen terme pour le second. Et un modèle enviable où le chiffre d’affaires est constitué essentiellement de commissions, versées par les clients et plus encore par les prestataires affiliés (selon l’apport d’affaires), mais aussi de produits financiers sur la trésorerie engrangée entre le « prépaiement » des titres et leur remboursement.

Dématérialisation

Si elle doit compter avec Sodexo (et ses « solutions de services sur site » et « solutions de motivation ») sur le marché des avantages aux salariés et citoyens, Edenred mise sur l’innovation. « Sur notre métier historique, nous créons des produits en fonction des changements des habitudes de consommation, tel que l’éco-chèque en Belgique qui favorise la croissance des produits verts », indique Jacques Stern. Mais son avenir, c’est l’électronique.

« Aujourd’hui, 70 % de notre volume d’émission repose sur le papier. Notre objectif est d’être à 50/50 en 2016 avec le développement des cartes, de l’internet et des terminaux mobiles, poursuit-il. Cela permettra des économies d’échelle après une phase initiale d’investissements. » A cet égard, Edenred semble avoir du retard sur certains concurrents dont Visa ou MasterCard, mais aussi certaines banques de détail ou spécialistes du traitement des paiements. Elle ne se présente toutefois pas comme un acteur financier, établissant une relation de services avec les entreprises (business to business, B2B). Selon elle, ses titres ne devraient pas être considérés comme de la monnaie. Enfin, elle rappelle que Visa et MasterCard ne proposent pas d’avantages aux salariés, même si leur modèle se rapproche du sien avec des commissions B2B, une présence internationale, une activité corrélée à la croissance et un avenir lié à l’électronique. « Cette activité nécessite une infrastructure qui vérifie et autorise chaque transaction, explique Jacques Stern. Nous l’avons développée en Amérique latine, avec notre plate-forme Watts. En Europe, elle doit reposer sur Prepay Solutions, une société britannique acquise en 2007 dont nous avons cédé 33 % à MasterCard Europe en 2009 pour croître dans le prépayé. Le déploiement de ces solutions commence maintenant en Hongrie, République Tchèque, Slovaquie et Suède. »

PrePay Solutions étant agréée comme émetteur de monnaie électronique et bénéficiant du « passeport européen », elle offre à Edenred la capacité d’étendre ses activités dans 17 pays de l’Union. « Nous avons aussi un accord avec MasterCard pour utiliser ses réseaux d’acquéreurs, ce qui peut nous permettre un déploiement standardisé », souligne Jacques Stern. De quoi assurer l’avenir.

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