L'avis de... Keith Bowman, analyste bancaire du courtier britannique Hargreaves Lansdown

« Démarrer de zéro en termes de reconnaissance »

le 11/02/2010 L'AGEFI Hebdo

Les projets offensifs de Blackstone sur le marché bancaire britannique constituent-ils une surprise ?

En apparence, ils peuvent étonner. Mais il faut bien garder à l’esprit que le système bancaire britannique a reçu, ces 18 derniers mois, un soutien financier massif qui a assuré une très belle année à ce secteur et a parallèlement attisé les convoitises d’un certain nombre de nouveaux entrants. De ce point de vue, les fonds d’investissement n’échappent pas à cette tendance. Des obstacles pourraient néanmoins se profiler : s’il est vrai que Blackstone bénéficie d’une notoriété importante en termes d’investissement, le fonds est un nouveau venu dans le secteur bancaire.

Quelles chances de succès lui donnez-vous ?

A la différence de Virgin Money ou du groupe de grande distribution Tesco, Blackstone devrait démarrer ses opérations de zéro en termes de reconnaissance de marque, ce qui est loin de constituer un atout dans un pays où le taux de migration d’une banque à l’autre est très faible. Il ne possède pas non plus un réseau sur lequel s’appuyer. Il se peut néanmoins qu’il parvienne à percer dans une niche de marché, mais il est encore trop tôt pour spéculer sur ses chances de réussite. En outre, un élément intéressant s’est produit récemment : alors qu’il était convoité par des fonds d’investissement, Sir Brian Pitman, ancien président de Lloyds TSB, a préféré accepter le poste de président de Virgin Money. Cela est révélateur des atouts des marques établies outre-Manche.

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