L'avis de... Jean-Christophe Mieszala, directeur associé senior responsable du pôle finances et compétences gestion du risque chez McKinsey Paris

« Une démarche sur les risques relève de la direction générale »

le 06/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Quelles ont été les principales faiblesses des modèles que la crise a révélées ?

Destinés à limiter les pertes en cas de dégradation de la situation, les modèles se sont révélés inopérants lors de la dernière crise. D’un point de vue mathématique, ils ne prenaient en compte que certains facteurs de risques et en ont oublié d’autres comme la liquidité. Le recours à des modèles continue de se heurter à une difficulté conceptuelle que ni la réglementation ni les pratiques des banques ne paraissent pouvoir lever : fondés sur des valorisations en mark-to-market (juste valeur), ils se révèlent procycliques. Surtout, les calibrages des modèles à partir des prix de marché sont problématiques quant à l’intérêt même de ces modèles, les prix des dérivés s’étant en fait avérés être de mauvais indicateurs des prix futurs.

Quelles corrections pourraient leur être apportées ?

Il faut faire des analyses de sensibilité avec davantage d’hypothèses et, de façon plus novatrice, nous préconisons une démarche d’explicitation des modèles, de façon à s’assurer que toutes les bonnes questions sont posées lors de leur conception. On commence à voir certains établissements, notamment anglo-saxons, employer des équipes dont la composition culturelle est volontairement contrastée, de façon à prendre en compte des paramètres de risques plus nombreux, y compris, par exemple, sociologiques. Nous préconisons dans cet esprit une approche globale des risques, faisant place, au-delà des outils mathématiques, au jugement et s’inscrivant dans le cadre de la stratégie. Une démarche qui relève de la direction générale.

A lire aussi