Croissance ou stabilité financière

le 03/06/2010 L'AGEFI Hebdo

A l’heure où on s’interroge sur la capacité des grands pays occidentaux à générer de la croissance dans les années à venir, le Comité de Bâle ne cache pas que ce n’est pas sa priorité, voire qu’il est prêt à sacrifier 1 % de croissance... Les dernières prévisions de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) laissent entendre que le PIB de la zone euro devrait croître de 1,2 % en 2010, puis de 1,8 % en 2011. Pourtant, Nout Wellink, le président du Comité de Bâle, a affirmé sans ambages que 0,5 à 1 point de croissance en moins n’était pas un prix trop élevé à payer pour assurer la stabilité du système bancaire… Pire, la Fédération bancaire française (FBF) estime même que les conséquences de l’application de Bâle III auront un effet négatif de 1,5 % sur le PIB de la zone euro à un an et de 6 % en cumulé à cinq ans. Mais pour Stephen Cecchetti, chef économiste de la Banque des règlements internationaux, interrogé par le Financial Times, les établissements financiers exagèrent volontairement les effets de la nouvelle réglementation. Les taux de croissance passés mis en avant par l’industrie financière étaient eux-mêmes gonflés par la bulle du crédit, ajoute-t-il. Ce qui n’est pas fait pour nous rassurer…

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