Crédit Agricole Assurances vise un milliard d’euros de profits en 2012

le 18/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Tout en poursuivant ses efforts de rationalisation, la compagnie entend se renforcer sur des marchés à fort potentiel, comme la santé ou la dépendance.

Crédit Agricole Assurances accélère sa mue. Rassemblant depuis le 1

erjanvier 2009 l’ensemble des activités d’assurance françaises et internationales de la banque verte, cette holding a franchi une nouvelle étape dans sa construction en début d’année. Après avoir regroupé certaines fonctions supports (communication, comptabilité), le groupe vient de centraliser l’ensemble de ses back-offices et de sa production informatique au sein d’une structure unique, baptisée Crédit Agricole Assurances Gestion, Informatique et Services (Caagis). L’objectif est de gagner en réactivité et d’accompagner le développement des compagnies, en France comme à l’international.

10 % de croissance par an

Ce mouvement de rationalisation ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous avons le projet de créer une plate-forme d’investissement mutualisée ayant pour mission de mettre en œuvre la politique financière pour le compte de l’ensemble des compagnies d’assurances du groupe », révèle Bernard Michel, directeur général de Crédit Agricole Assurances. De même, le groupe souhaite se doter d’une direction financière unique afin « de se concentrer sur le renforcement des fonds propres du groupe ». Deux projets qui, sous réserve des consultations internes indispensables, devraient aboutir d’ici à l’été, portant de 100 à 150 ses effectifs centraux. « Nous aurons ainsi finalisé l’organisation de notre holding », indique Bernard Michel.

Ainsi réorganisé, le groupe pourra pleinement s’atteler à son développement. En 2009, il a déjà connu une « excellente année », selon le directeur général, enregistrant une progression de 18 % de son chiffre d’affaires à 25,9 milliards d’euros. Mais le premier bancassureur français voit plus grand. Dans le cadre de son plan stratégique 2010-2012, il table sur une croissance moyenne de 10 % par an de son résultat net pour atteindre 1 milliard d’euros de bénéfices à horizon 2012, contre 838 millions fin 2009. Pour y parvenir, Crédit Agricole Assurances entend accélérer la commercialisation de ses produits via les réseaux bancaires en France, mais aussi à l’international. A l’étranger, le groupe réalise déjà 22 % de son chiffre d’affaires global, une part qui doit passer à 30 % d’ici à 2012. La compagnie entend concentrer ses efforts dans les pays où la bancassurance a atteint une certaine maturité, à savoir l’Italie, le Portugal, le Luxembourg, voire la Grèce. « Notre développement dépendra aussi des investissements du groupe en banque de détail à l’international », reconnaît Bernard Michel.

Le groupe souhaite surtout renforcer ses positions sur des marchés à fort potentiel (clientèle haut de gamme par exemple) et investir de nouveaux territoires. A cet égard, la santé - son chiffre d’affaires a progressé de 11 % l’an dernier - et la dépendance, segment sur lequel la compagnie se targue d’être numéro un en termes de contrats souscrits, apparaissent aujourd’hui comme deux secteurs stratégiques. Dans cette optique, Crédit Agricole Assurances a multiplié les participations dans des établissements de soins. Actionnaire de référence du groupe de maisons de retraite Korian depuis 2004, Predica, sa filiale d’assurance vie, a récemment acquis 6 % du capital de Medica, un autre opérateur privé dans ce domaine, et 43 % du groupe de cliniques Proclif. S’il ne s’agit pour l’heure que de simples participations financières, le groupe pourrait prochainement passer à la vitesse supérieure. « C’est un secteur à fort potentiel, estime le directeur général. Ces participations pourraient aboutir à des partenariats dans le domaine des services, associés à la couverture de la santé et de la dépendance. » L’idée serait d’aller au-delà des contrats d’assurance pour proposer de nouveaux services : télésurveillance, animation de réseaux de soins, etc. « Nous menons de nombreuses réflexions en interne, avec les caisses régionales notamment, reconnaît-il. Nous travaillons à une véritable stratégie pour être présent sur ces métiers en fort développement. » Le groupe reste d’ailleurs à l’affût de toute opportunité d’investissement qui pourrait se présenter à lui dans un avenir proche.

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