L’avis de… Leigh Harrison, responsable equities chez Threadneedle

« La compétitivité s’est traduite par une forte pression sur la rentabilité »

le 11/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la banque de détail au Royaume-Uni ?

Depuis la reprise de Natwest par RBS, le Royaume-Uni dispose d’un marché bancaire très consolidé dominé par un petit nombre d’acteurs locaux. Au cours des dernières années, les acteurs étrangers ont accédé au statut de banques installées à des degrés divers. On a par exemple assisté à l’arrivée puis au départ des banques islandaises, tandis que le groupe bancaire espagnol Santander est aujourd’hui fortement implanté au travers des trois enseignes qu’il a rachetées. La compétitivité du paysage de la banque de détail britannique s’est traduite par une forte pression sur la rentabilité et une hausse des coûts - du traitement des chèques en passant par les coûts de main-d’œuvre - qui a nécessairement entraîné la réduction du nombre d’agences.

Quelle modification la crise a-t-elle entraîné sur leur rentabilité ?

Au cours des dernières années, l’environnement global a été très compétitif de telle sorte que les marges ont été limitées dans la plupart des produits financiers. Or, la contraction du crédit a modifié la donne : les banques ont désormais les moyens nécessaires pour se lancer dans une concurrence agressive d’autant qu’elles veulent réduire leurs portefeuilles de prêts. En dépit du coût de financement, on assiste d’ailleurs actuellement à une amélioration des marges dans un contexte de crédit limité.

Hormis l’arrivée probable de nouveaux entrants, comment voyez-vous évoluer ce secteur ?

Pour le moment, peu de choses vont véritablement changer. Les banques établies ont bien l’intention de poursuivre leurs activités comme par le passé. Et si les autorités reconnaissent que ce n’est pas acceptable, personne ne parvient encore à s’entendre sur une solution alternative.

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