L'avis de… Iain Anderson, directeur et chief corporate counsel de Cicero Consulting

« Aucun parti ne veut apparaître laxiste sur la question des bonus »

le 22/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Quelles différences fondamentales constatez-vous dans les programmes des trois principaux partis en présence sur les plans financier et bancaire ?

Il y a de vraies différences entre les programmes. La principale touche à la perspective d’une taxation sur les banques : présente dans l’argumentaire des conservateurs depuis janvier, l’idée d’une taxation a été réorientée récemment dans le programme au profit d’une taxe unilatérale sans consensus nécessaire au sein de la communauté internationale, à la différence du parti travailliste. Les conservateurs ont en effet reconnu que cette taxe servirait à financer un programme d’allègement de la fiscalité pour les couples mariés. L’importance de la remise au goût du jour d’une loi Glass-Steagall fait aussi partie des sujets à débat : alors que les libéraux démocrates (libdems) ne souhaitent aucun changement, les conservateurs semblent au contraire se diriger de plus en plus vers cette perspective. Enfin, outre la réforme de la structure tripartite de la supervision financière outre-Manche chère aux conservateurs, la question des bonus est au cœur des discussions. Si les libdems ont adopté le point de vue le plus radical, les conservateurs et les travaillistes ne veulent pas apparaître non plus laxistes sur le sujet. Dans l’éventualité d’un gouvernement de coalition avec une majorité conservatrice, il y a fort à parier que le Glass-Steagall Act constituera un sujet de négociations avec les libdems ; suppression de la FSA contre abandon d’un projet Glass-Steagall.

Quels sont les éléments susceptibles de faire pencher la balance du côté d’un parti ou de l’autre ?

Il faudra compter avec les débats télévisés entre candidats et la publication fin avril des chiffres du PIB britannique. C’est réellement à partir de ce moment-là que l’on saura si la Grande-Bretagne est fermement sortie de la récession. De manière générale, si l’écart entre le parti conservateur et les travaillistes n’excède pas les 9 à 10 points dans les sondages, on se dirigera avec certitude vers un gouvernement de coalition.

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