Rencontre avec... François Turcas, président de la CGPME* Rhône-Alpes en charge du développement international

« Insuffler une culture de l’export dans les entreprises »

le 09/04/2015 L'AGEFI Hebdo

« Insuffler une culture de l’export dans les entreprises »
François Turcas, président de la CGPME* Rhône-Alpes en charge du développement international

Quelles difficultés empêchent les PME d’exporter plus ?

Les petites entreprises françaises sont frileuses, elles préfèrent rester dans les pays francophones et nourrissent un énorme complexe par rapport à l’anglais. Il existe un problème culturel que ne connaissent pas les entreprises d’autres pays comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Beaucoup de PME françaises n’osent pas se lancer par manque d’information et de formation, c’est d’ailleurs le rôle de la CGPME de les entraîner, de les emmener à des salons, d’organiser des rencontres avec des entreprises étrangères, de les orienter parmi les diverses offres à leur portée comme l’assurance prospection de la Coface qui permet d’aller à l’international à moindre coût. En vingt ans, nous avons accompagné 3.000 primo-exportateurs à l’étranger.

Que faut-il faire pour les stimuler ?

Il existe de nombreux moyens dont les entreprises peuvent bénéficier pour exporter, mais il faut les rendre plus lisibles. Ensuite, c’est au chef d’entreprise de prendre la décision, de définir un plan d’action et d’insuffler une culture de l’export dans la société. C’est également à lui de se déplacer, de s’intéresser aux pratiques d’autres marchés, de faire traduire les documents dans d’autres langues… Mais il est indispensable de disposer d’une trésorerie suffisante car un à trois ans sont nécessaires pour rentabiliser l’investissement en temps et en moyens, même avec les aides.

Que devraient faire les banques ?

Les banques jouent leur rôle, financent, travaillent en délégation de la Coface, organisent des entretiens entre entreprises, ce ne sont pas elles qui nous freinent, d’autant plus que Bpifrance a créé de nouveaux dispositifs qui permettent de réduire les risques pesant sur les banques. Il existe de multiples façons de s’implanter à l’étranger : par l’intermédiaire de distributeurs, par la sous-traitance, par des partenariats avec des producteurs locaux… Les entreprises ont besoin d’être conseillées et guidées, c’est pourquoi depuis plus de quinze ans, la CGPME Rhône-Alpes développe des services qui pourraient être dupliqués sur l’ensemble du territoire.

*Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises.

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