Rencontre avec... Nadège Jassaud, économiste au Fonds monétaire international (FMI)*

« La gouvernance des fondations mérite attention »

le 12/03/2015 L'AGEFI Hebdo

« La gouvernance des fondations mérite attention »
Nadège Jassaud, économiste au Fonds monétaire international (FMI)
(DR)

Les autorités italiennes répondent-elles à vos attentes quant à la gouvernance des banques italiennes ?

Le gouvernement a suivi notre recommandation de transformation des grandes banques coopératives en sociétés par actions, y ajoutant un seuil de transfert obligatoire à 8 milliards d’euros d’actifs. Positive pour la stabilité financière, cette réforme devrait permettre d’attirer davantage de capitaux externes, améliorer la gouvernance de ces établissements et favoriser leur consolidation.

Vous plaidez également pour une action envers la gouvernance des fondations ?

Une grande partie du système bancaire italien reste contrôlée par des fondations à but non lucratif. Lorsqu’elles sont actionnaires de référence, il serait souhaitable que ces fondations respectent des règles de déontologie, publient des comptes certifiés et n’utilisent pas le levier bancaire pour maintenir leur contrôle. Le cas de Monte dei Paschi a démontré les limites de l’actuel code de bonne conduite.

Qu’en est-il de vos recommandations concernant les créances douteuses ?

Les banques italiennes disposent d’un stock de 330 milliards d’euros de créances douteuses à fin juin 2014. Un tel volume pourrait constituer la base d’un marché secondaire, où les banques céderaient leurs créances à des investisseurs en recherche de diversification. Pour faire émerger un tel marché, les autorités devront agir à la fois sur l’offre et la demande, notamment en augmentant les provisions et passages en pertes, en accélérant les réformes judiciaires et en diversifiant la base d’investisseurs. Certaines banques ont déjà créé des bad banks privées en partenariat avec des sociétés de prívate equity.

*Co-auteur avec Kenneth Kang, chef de mission zone euro pour le FMI, ex-chef de mission Italie, de l’étude « Stratégie pour développer un marché secondaire des créances douteuses en Italie », février 2015.

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