L’avis de… Dieter Hein, analyste bancaire au cabinet Fairesearch

« La consolidation touche à ses limites »

le 05/02/2015 L'AGEFI Hebdo

« La consolidation touche à ses limites »
Dieter Hein, analyste bancaire au cabinet Fairesearch
(DR)

 

Les banques allemandes vont-elles enfin entamer leur restructuration ?

Commerzbank s’apprête à boucler l’intégration de Dresdner Bank. Deutsche Bank s’est enfin lancée dans la prise de contrôle de Postbank*, après le rachat du gérant de fortune Sal.Oppenheim, de Noris Bank et de Berliner Bank. La transaction doit être bouclée avant la fin de l’année. Dans le secteur privé, la consolidation touche à ses limites. Avec 24 millions de clients, Deutsche Bank deviendra la première banque de détail du pays. Elle devra apporter la preuve que cette expansion coûteuse lui permettra de mieux équilibrer son modèle d’entreprise comme le lui demandent les agences de notation. Pour l’instant, cet objectif est loin d’être atteint mais du fait de la domination des caisses d’épargne et des banques populaires, il est difficile de réaliser les mêmes taux de rentabilité qu’à l’étranger.

Qu’en est-il hors secteur privé ?

Le nombre de caisses d’épargne et de banques populaires indépendantes recule aussi. Mais ce secteur, en particulier les caisses d’épargne, bénéficie toujours d’une protection politique qui empêche la création d’une grande banque comme UniCredit en Italie, issue de la fusion de plusieurs caisses d’épargne. On peut le regretter mais je ne crois pas que cette structure dite des trois piliers sera remise en cause.

Quel est l’avenir des Landesbanken ?

Aucun de ces établissements ne dispose de la taille suffisante pour survivre. La crise dont les Landesbanken ont été les principales victimes a démontré qu’elles n’ont pas de modèle viable. Ce point de vue gagne enfin du terrain dans les régions qui sont les principaux propriétaires des Landesbanken. A terme, il serait souhaitable que les huit banques régionales encore indépendantes soient regroupées au sein d’un ou deux instituts. Mais une fusion entraînerait la suppression de milliers d’emplois. Les politiques rechignent à relever ce défi.

* Deutsche Bank n’a que 94,5 % des actions de Postbank.

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