L'avis de... James Rowland, directeur exécutif auprès du cabinet de conseil Cicero Consulting

« Les travaillistes veulent limiter la concentration dans la banque de détail »

le 09/04/2015 L'AGEFI Hebdo

« Les travaillistes veulent limiter la concentration dans la banque de détail »
James Rowland, directeur exécutif auprès du cabinet de conseil Cicero Consulting
(DR)

Au vu des programmes, on a le sentiment que le parti travailliste veut sanctionner lourdement les banques...

La ligne politique du parti travailliste au sujet du secteur bancaire comporte deux éléments distincts. Ed Miliband a indiqué vouloir légiférer pour conférer au gouvernement le pouvoir de séparer complètement les banques de dépôt de l’investissement en cas d’échec de la politique de ringfencing (la filialisation des activités de dépôts et d’investissements, NDLR) à laquelle seront soumises les banques d’ici à 2019. Il veut aller plus loin que le gouvernement actuel de David Cameron qui n’a jamais légiféré sur l’électrification de la cloison entre activités de détail et d’investissement. Le leader travailliste veut aussi limiter la concentration du secteur de la banque de détail en exigeant des banques qu’elles cèdent un certain nombre de leurs agences. S’il gagne, le leader attend de la CMA, l’autorité de la concurrence des marchés outre-Manche, qu’elle lui soumette sous six mois un conseil documenté sur les limites de concentration. Or la CMA a d’ores et déjà lancé l’an dernier une enquête approfondie sur le secteur de la banque de détail au Royaume-Uni dont les conclusions sont attendues mi-2016. Le calendrier est différent. Il sera intéressant d’observer si la CMA décide d’accélérer la remise de ses conclusions ou si Ed Miliband est contraint d’atténuer ses exigences.

Quels seraient le meilleur et le pire scénario politique pour les acteurs bancaires ?

Le secteur éprouve beaucoup d’anxiété face aux positions du parti travailliste. Reste que Ed Miliband a exclu la tenue d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, ce qui enlève un risque politique très important pour les banques. Il est à craindre que l’incertitude actuelle autour de l’issue du scrutin se traduise finalement par une période d’instabilité politique au Royaume-Uni pendant quelques mois si aucun gouvernement stable n’est formé. La possibilité d’une deuxième élection serait dommageable pour le secteur, qui préfère avancer dans un environnement clair et serein.

A lire aussi