Les scénarios du pire pour les banques

le 08/05/2014 L'AGEFI Hebdo

Canevas. L’Autorité bancaire européenne (ABE) a dévoilé, le 29 avril, les scénarios extrêmes retenus dans le cadre des tests de résistance auxquels vont être soumises 124 banques européennes. Ils sont suffisamment stricts pour ne pas prêter le flanc aux critiques, et surtout la « totale transparence de l’exercice sera la clé de sa crédibilité », a assuré Andrea Enria, le président de l’ABE. Les stress tests sont calculés comme des  déviations par rapport aux scénarios de base établis par la Commission européenne. Ils courent sur trois ans (2014 à 2016). Pour le PIB, la déviation cumulée est de 6,6 % en zone euro et de 7 % dans l’UE. Ce qui signifie une récession cumulée de 2,1 % en zone euro (-0,7 % en 2014, -1,4 % en 2015 et 0 % en 2016). Curieusement, ce scénario brutal ne s’accompagne pas d’un scénario déflationniste. Les déviations de l’inflation par rapport à la trajectoire de base maintiennent le taux d’inflation entre 0 et 1 %. Le scénario intègre un krach boursier et surtout un krach sur les marchés obligataires souverains avec un taux moyen zone euro à 4,3 %. Les taux italien et espagnol reviendraient à 5,8 % et le dix ans grec autour de 11 %. L’immobilier tient une part importante, surtout pour les banques des pays du Nord, qui n’ont pas connu d’ajustement des marchés. La France connaîtrait une chute du résidentiel de 12 % à 13 % l’an, soit une déviation cumulée de -26,6 % (-20,8 % en Allemagne et -29,2 % au Royaume-Uni). De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a indiqué qu’elle accordera un délai de six à neuf mois aux banques pour corriger les déficits de fonds propres relevés par l’évaluation des actifs (asset quality review, AQR). 

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