L’avis de… Alex Koagne, analyste actions chez Natixis

«La rentabilité moyenne de la banque de détail en France est supérieure à 15 %»

le 04/09/2014 L'AGEFI Hebdo

«La rentabilité moyenne de la banque de détail en France est supérieure à 15 %»
(DR)

La faible dynamique des réseaux en France n’est-elle pas un handicap ?

Il faut relativiser. Trois éléments expliquent la pression sur les revenus dans cette activité. La faible croissance économique en France et en zone euro, qui s’accompagne d’une contraction des encours de crédits au secteur privé de 1,6 % en France et de 3,3 % en zone euro. Le faible niveau des taux et l’aplatissement de la courbe des taux nuisent à la marge nette d’intérêt des banques, notamment sur la rémunération des dépôts. Enfin, la réglementation pénalise les commissions. Dans cet environnement, les banques françaises ont lancé des programmes de réduction des coûts dont les effets à plein interviendront en 2015/2016. La bonne nouvelle vient des actifs qui sont globalement de bonne qualité, se traduisant par un faible coût du risque. Ainsi, la banque de détail en France reste une activité très profitable puisque la rentabilité moyenne est supérieure à 15 % et devrait rester le socle de la profitabilité des banques françaises.

Pourquoi les valeurs bancaires connaissent-elles une forte volatilité ?

La volatilité s’explique principalement par les perspectives macro-économiques qui restent décevantes à ce stade. Les publications du semestre montrent que la zone euro est en panne de croissance, ce qui rend la réduction des déficits et de l’endettement des Etats difficile. Si cette situation perdure, les analystes pourraient réviser à la baisse les anticipations de résultats, et par conséquent des dividendes, débouchant sur une nouvelle pression baissière sur les valeurs bancaires. De plus, le contexte géopolitique accentue la pression négative sur la croissance économique et les valeurs exposées. Enfin, nous restons dans l’expectative concernant les résultats de l’AQR (asset quality review).

Cette perspective a-t-elle conduit au renforcement du taux de provisionnement au deuxième trimestre ?

Nous pensions initialement que l’effort de provisionnement des banques en vue de l’AQR allait continuer du deuxième trimestre (T2) au quatrième. Or, les résultats du T2 2014 marquent la poursuite de la baisse des provisions pour risque de crédit. Ainsi, la baisse du coût du risque soulignée par les banques françaises montre que celles-ci sont confiantes pour passer l’AQR. Si l’on ne connaît pas l’impact de l’AQR, on sait qu’il existera. Mais la solvabilité des banques européennes est suffisante pour absorber d’éventuels ajustements sans avoir besoin de lever du capital. L’excès de capital par rapport au seuil de ratio de solvabilité de 8 % est en moyenne de 1,4 point de pourcentage du bilan des banques françaises.

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