L'avis de... Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures

« Proposer de la banque permet aux assureurs de fidéliser leurs clients »

le 16/10/2014 L'AGEFI Hebdo

« Proposer de la banque permet aux assureurs de fidéliser leurs clients »
Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures
(DR)

Pourquoi les assureurs ont-ils voulu faire de la banque ?

L’assurbanque a été lancée en riposte aux attaques des bancassureurs, qui accéléraient leur montée en puissance en assurance dommages dans les années 90, et gagnaient des parts de marché sur ce marché non extensible. Plusieurs assureurs ont repensé leur stratégie en choisissant de se lancer sur le compte courant au début les années 2000. Le positionnement initial n’a pas forcément été le bon, car ces acteurs ne se sont pas lancés dans le crédit immobilier, qui est pourtant l’acte qui conduit les clients à changer de banque. Ils se sont positionnés sur le prix et la rémunération.

Comment ont évolué les stratégies ?

Les assureurs ont revu leurs objectifs initiaux à la baisse car ils ont du mal à devenir la banque principale de leurs clients. Le problème actuel de l’assurbanque est la rentabilité. Elle a des difficultés à trouver son modèle économique. Le développement de l’activité bancaire coûte très cher dans un réseau d’assurance, même si proposer de la banque permet aux assureurs de fidéliser leurs clients et de conquérir une clientèle jeune auprès de laquelle certains acteurs ont de fait une stratégie spécifique.

Les assurbanquiers ont-ils revu leurs positionnements ?

Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la conquête de clients bancaires à tout prix. Certains acteurs comme Allianz privilégient les placements, compte-titres et PEA bancaire, qui peuvent être une vraie source de revenus. Certains se dirigent enfin vers le crédit immobilier, comme Groupama Banque. Axa Banque est le seul à continuer les investissements de manière importante pour conquérir des clients bancaires, mais avait démarré avec une certaine taille critique en rachetant Banque Directe.

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