Le pôle épargne de Natixis sert les ambitions de BPCE

le 13/11/2014 L'AGEFI Hebdo

Les résultats du groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne corroborent les choix stratégiques en assurance, épargne et gestion.

Le pôle épargne de Natixis sert les ambitions de BPCE
Laurent Mignon, directeur général de Natixis (g.) et François Pérol, président du directoire de BPCE (d.).
(Bloomberg/REA)

Sur l’ensemble de nos grands projets, nous avons bien démarré la mise en œuvre du plan stratégique et nous avons obtenu certains résultats tangibles », assure François Pérol, président du directoire de BPCE, dont les résultats trimestriels ont été publiés le 4 novembre, un an après l’annonce du plan du groupe à horizon 2017. « Nos ambitions en matière d’épargne ont bien démarré, l’assurance voit une progression à deux chiffres de ses revenus, et les résultats en gestion d’actifs sont en avance par rapport à nos objectifs », se félicite-t-il. De fait, l’activité commerciale des réseaux (Banque Populaire et Caisse d’Epargne) et les métiers du pôle Epargne de Natixis ont réalisé de bons résultats qui tirent ceux du groupe au 30 septembre 2014.

Au sein du pôle Banque Commerciale et Assurance, l’épargne de bilan est en hausse de 5,3 % sur un an pour les neuf premiers mois de 2014, et les encours de crédits en augmentation de 3,7 %. Les réseaux « affichent une bonne dynamique commerciale » malgré l’environnement peu porteur pour la banque de détail en France actuellement, et font d’ailleurs mieux que les autres grands réseaux au troisième trimestre.

Chez BPCE, la réorganisation de certaines activités au profit des ambitions stratégiques, qui passe par davantage d’interactions entre les réseaux et Natixis, va bon train. « Le pôle assurance est constitué », rappelle François Pérol. L’intégration de BPCE Assurances dans Natixis a eu lieu au premier semestre, et le regroupement de toutes les activités assurances dans une plate-forme unique au sein du pôle Epargne de Natixis est bien avancé. De plus, BPCE a signé le 4 novembre un accord avec CNP Assurances qui confirme les principes sur lesquels les deux parties se sont accordées fin juillet en vue de leur partenariat pour la période 2016-2022 (lire aussi page 22). Les accords définitifs doivent intervenir au premier semestre 2015. Natixis deviendra le producteur d’assurance vie pour les Banques Populaires, mais aussi pour les Caisses d’Epargne à compter du 1er janvier 2016. CNP Assurances va être partenaire exclusif de Natixis Assurances et des réseaux en assurance emprunteurs collective, et de nouveaux partenariats sont noués en prévoyance collective. Alors que Natixis, dans son propre plan stratégique également lancé en novembre 2013, vise 10 % de croissance de ses revenus en assurance sur la période du plan (2014-2017), le chiffre d’affaires en assurance du groupe a augmenté de 20 % sur les neuf premiers mois de l’année.

Priorités d’investissement

« Un an après le lancement de notre plan, New Frontier, le résultat à neuf mois traduit la pertinence de nos choix stratégiques », estime d’ailleurs Laurent Mignon, directeur général de Natixis. Le rééquilibrage en faveur de l’assurance et de la gestion d’actifs, et plus globalement du pôle épargne qui les rassemble, est bien en marche. « La montée en puissance du pôle épargne est important », se réjouit-il. Le produit net bancaire (PNB) de ce pôle a crû de 16 % au troisième trimestre, à 689 millions d’euros. Il atteint 2 milliards sur les neuf premiers mois de 2014. Ce pôle tire les résultats de Natixis au troisième trimestre, avec un bénéfice net de 281 millions d’euros, en hausse de 27 % sur un an. Et pourtant, Banque de Grande Clientèle (BGC) a réalisé une contre-performance et voit ses revenus reculer de 9 % en raison d’un effet de base défavorable après un bon troisième trimestre 2013, explique la banque.

« Natixis a réalisé une très bonne performance dans la gestion d’actifs », poursuit François Pérol. Elle atteint 708 milliards d’euros d’encours au 30 septembre 2014, notamment grâce à une collecte nette de 6,6 milliards au troisième trimestre. Or la gestion d’actifs est un axe stratégique majeur et un des métiers dans lesquels le groupe a choisi d’investir sur la durée du plan (lire l’entretien). Enfin, en banque privée, la collecte s’élève à 1,2 milliard d’euros sur neuf mois en 2014, contre 500 millions pour la même période en 2013. Le plan stratégique de BPCE vise une croissance annuelle moyenne de 6 % des encours en gestion privée et un accroissement du nombre de ses clients.

« Sur les objectifs financiers du plan, nous sommes pour l’instant en ligne ou en avance par rapport à la trajectoire fixée sur l’ensemble des indicateurs, estime enfin François Pérol. La solvabilité s’est très nettement renforcée ce trimestre avec un ratio ‘common equity tier one’ (CET1) Bâle 3 de 11,5 %. » Il a progressé de 110 points de base sur neuf mois, alors que BPCE vise un ratio CET1 Bâle 3 de 12 % en 2017.

La trajectoire de François Pérol semble moins claire. Le 7 novembre, le parquet national financier a requis son renvoi en correctionnelle pour prise illégale d’intérêts. Il avait été mis en examen le 6 février dans le cadre d’une enquête sur les conditions de sa nomination en 2009, moins de trois ans après avoir quitté son poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée.

870 millions d’euros de synergies de revenus d’ici à 2017.

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