L’affacturage use de tous ses charmes auprès des PME françaises

le 02/04/2015 L'AGEFI Hebdo

Les « factors » n’ont pas encore réussi à les séduire malgré de nouvelles offres, plus adaptées, simplifiées ou technologiques.

Le chiffre d’affaires affacturé est peut-être reparti de l’avant, mais les professionnels français ne crient pas victoire. La « nette accélération de la croissance » de l’affacturage en 2014 (voir le graphique), relevée par l’Association française des sociétés financières (ASF),  est essentiellement tirée par les marchés étrangers : « L’activité à l’international représente désormais 25 % du total des opérations (contre seulement 7,5 % dix ans auparavant) et contribue pour 70 % à la croissance globale », explique l’ASF. En d’autres termes, même si la France se situe au deuxième rang du marché de l’affacturage en Europe, l’essentiel de l’activité est exercé auprès d’un nombre restreint d’entreprises – moins de 40.000, selon la dernière étude de Precepta, surtout des grands comptes –, tandis que les petites et moyennes entreprises (PME) françaises boudent encore cette solution d’optimisation du poste clients.

Les sociétés d’affacturage affiliées à des groupes bancaires font pourtant leur maximum afin de trouver grâce aux yeux des PME. D’ailleurs, la nouvelle enveloppe d’au moins 10 milliards d’euros de « BNP Paribas Entrepreneurs 2016 », destinée à financer les investissements et le cycle d’exploitation des PME, comprend 4 milliards « pour le financement de la trésorerie, y compris via les solutions d’affacturage de BNP Paribas Factor ». Ces dix dernières années, cette société et ses pairs ont proclamé leur volonté de travailler avec la force commerciale des agences bancaires de leurs maisons mères. Et ont segmenté leur offre en fonction de la taille et du chiffre d’affaires des entreprises. « En parallèle des crédits bancaires, Société Générale adapte régulièrement son offre pour mieux répondre aux nouveaux besoins des clients entreprises, souligne ainsi le groupe de La Défense, comme en témoigne, en affacturage, le lancement d’Avance évolutive en juin 2014 pour le financement ponctuel de factures. »

S’échinant à imposer l’affacturage comme une solution à part entière auprès des PME, Eurofactor, marque unique dédiée à l’affacturage du groupe Crédit Agricole depuis septembre dernier et numéro un français, vient encore d’étendre sa gamme. Pour couvrir les besoins de trésorerie des PME-PMI, elle a lancé fin janvier une offre d’affacturage confidentiel ligne à ligne. Comme les grandes, ces entreprises gardent donc la relation commerciale avec leurs clients. Mais, dans leur cas, elles n’ont pas de développement informatique à prévoir : la gestion se fait en ligne, via l’application mobile Eurofactor Online.

Innovation

« L’exploitation efficace des potentialités offertes par les nouvelles technologies est, estime Precepta, l’un des enjeux les plus importants et qui renouvelle l’exercice même des professions d’affacturage. » Natixis Factor (groupe BPCE), cinquième acteur du marché français qui a gagné plus de 2.300 nouveaux contrats en 2014 – « essentiellement réalisés avec la clientèle des réseaux du groupe et avec des courtiers », précise-t-il –, a dû faire le même constat pour proposer en 2014 Créancessentiel, qui allie gestion digitale et forfait ajustable sans engagement de durée, et Créancenet, première application mobile de gestion des opérations d’affacturage.

Là aussi, la technologie pourrait mener à une nouvelle forme de proximité avec les clients, à défaut d’avoir su la développer dans les agences bancaires. Elle est d’autant plus nécessaire que, remarque Précepta dans son étude sur « les affactureurs et les assureurs-crédit [qui] peinent encore à convaincre les petites structures », des start-up – telles que Finexkap, plate-forme d’affacturage ou Zplace, comparateur d’assurance-crédit, deux sociétés lancées cette année – viennent se positionner sur ce segment de marché. Si celles-ci ne vont pas tailler des croupières aux géants de l’affacturage, leurs modèles illustrent le champ des possibles. Pour Précepta, les acteurs en place doivent « adapter leurs réponses marketing en refondant leurs offres et leurs tarifs destinés aux plus petites cibles », mais aussi sans doute faire œuvre de pédagogie.

« Quels outils innovants au service des TPE-PME ? » : le thème des premières rencontres parlementaires du financement des PME et des très petites entreprises, organisées ce 31 mars, étaient l’occasion pour les affactureurs représentés par l’ASF, mais aussi Patrick Coulon de GE Capital France, Patrick de Villepin de BNP Paribas Factor ou Philippe Carayol de Crédit Agricole Leasing & Factoring, de pousser leurs solutions.

57 milliards (+47,5 %) d’euros de créances prises en charge à l’international en 2014 sur un total de 226,6 milliards

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