Entretien avec... Malte Von Putbus, directeur du recrutement et de la mobilité internationale à la DRH du groupe Mazars

« La génération Y est plus mobile »

le 01/05/2014 L'AGEFI Hebdo

« La génération Y est plus mobile »
Malte Von Putbus
(DR)

Quels sont les métiers concernés par la mobilité internationale chez Mazars ?

En priorité ceux de l’audit car c’est sur cette activité que le groupe a construit sa croissance internationale ces dernières années. Nous envoyons des associés dans les Brics et dans les grands pays industrialisés pour développer les bureaux à l’étranger ou pour initier de nouvelles practices. Des postes sont également proposés à des senior managers pour accompagner nos clients sur des missions spécifiques ou pour aider un transfert de savoir-faire. La mobilité internationale concerne aussi des auditeurs plus jeunes, à partir de trois ou quatre ans d’expérience.

Sous quel statut partent ces collaborateurs ?

Le plus souvent en contrat local car il est aujourd’hui très facile de voyager et de vivre à l’étranger. Par exemple, sur certaines destinations comme l’Allemagne, l’Angleterre ou les États-Unis, nous n’envoyons plus d’expatriés. Le contrat local est aussi devenu la règle pour les collaborateurs de la génération Y qui souhaitent partir travailler à l’étranger et sont moins exigeants sur les conditions de départ. Pour eux, la prime d’expatriation et les mesures d’accompagnement comme la recherche d’un logement sont moins importants car ils sont beaucoup plus mobiles et savent utiliser leurs réseaux pour trouver des contacts sur place. Il nous arrive en revanche de leur accorder une couverture médicale complémentaire lorsque la sécurité sociale est moins performante que dans le pays d’origine. A Hong Kong ou à Singapour, où les salaires ne sont pas très élevés par rapport aux prix de l’immobilier, nous pouvons aussi être amenés à leur verser une compensation salariale.

Quid du statut d’expatrié ?

Ce statut n’est aujourd’hui proposé que dans les pays où les conditions de vie sont difficiles. Par exemple en Russie, où les logements sont très chers et la couverture médicale et sociale n’est pas assurée, nous garantissons à l’expatrié les mêmes conditions de vie qu’en France, en y incluant le coût de la vie et du logement. Nous attribuons aussi des primes d’expatriation liées à la séniorité et à l’expertise, mais elles sont de moins en moins fréquentes et de plus en plus réduites. Auparavant, elles pouvaient représenter jusqu’à 30 % ou 40 % de la rémunération. En matière de couverture sociale, nous maintenons en général le lien avec le pays d’origine pour le médical, la retraite et la prévoyance. Le déménagement, la recherche du nouveau logement ainsi que les frais de scolarité sont également pris en charge, tout comme un voyage aller et retour par an en France.

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