L’avis de … Jean Rognetta, président de PME Finance

« Un espoir mais pas une réelle alternative à grande échelle »

le 01/05/2014 L'AGEFI Hebdo

« Un espoir mais pas une réelle alternative à grande échelle »
Jean Rognetta
(DR)

Le « crowdfunding » est-il un véritable moyen de financement pour les entreprises ?

Le crowdfunding est encore petit mais son adoption enthousiaste aux Etats-Unis et au Royaume-Uni laisse à penser qu’il se développera aussi en Europe continentale et permettra aux PME de bénéficier d’un nouvel outil de désintermédiation. Le succès du crowdfunding viendra de sa capacité à rémunérer les épargnants, à éviter la fraude et à ne pas entraîner les épargnants vers des risques qu’ils ne savent pas gérer. Nous militons pour un encadrement des pratiques comme le don contre contrepartie qui s’apparente à une vente par souscription, car, dès lors que les sommes collectées sont importantes, il comporte un aléa moral. Il y aura inévitablement des abus, c’est pourquoi nous souhaitons que les épargnants disposent d’un titre financier en échange de leur contribution.

Que pensez-vous de la loi Pellerin qui encadrera le « crowdfunding » ?

Cette réforme permettra à l’industrie de la finance participative de se développer en ce qui concerne le capital et le prêt. Mais nous aurions souhaité qu’elle institue une exigence de capital minimal pour les conseils en investissement participatif. On assiste à un phénomène numérique similaire à ce qui s’est produit dans le e-commerce. Quinze après son émergence, les grands de la vente par correspondance sont moribonds car la désintermédiation de masse a modifié la structure même du marché. Pour la finance, il faut s’attendre à subir les effets profonds de cette désintermédiation d’ici quinze ou vingt ans.

Est-ce la solution aux problèmes des petites entreprises ?

Même si la France a évité une contraction brutale du crédit, les PME ont de plus en plus de mal à faire financer leurs projets par les banques, en particulier leurs besoins de trésorerie. Le crowdfunding peut donner de l’espoir aux chefs d’entreprise, à condition de savoir se vendre auprès du grand public. Mais il n’y aura pas de substitution à grande échelle des financements traditionnels par le crowdfunding, car les besoins de financement des entreprises sont trop importants.

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