L'avis de... Simon Nellis, directeur equity research de Citi

« Des difficultés sur la qualité des actifs en 2015 »

le 15/01/2015 L'AGEFI Hebdo

« Des difficultés sur la qualité des actifs en 2015 »
Simon Nellis, directeur equity research de Citi
(DR)

Sberbank peut-elle éviter une injection de capital ?

Nous n’en prévoyons pas dans notre scénario de base. Cela dépendra bien sûr du montant de prêts que la banque et le gouvernement souhaitent octroyer. Tant que les grandes entreprises n’auront pas accès aux marchés de capitaux internationaux, la demande sera forte. Sberbank est un acteur important, très puissant sur le marché des particuliers, et a amélioré son efficience. Mais nous avons accru nos estimations pour les provisions à 2,3 % en 2015 et 2,5 % en 2016. Nous nous attendons à des difficultés sur la qualité des actifs en 2015, mais pas autant qu’en 2009, où les provisions avaient atteint 7,25 % du portefeuille de créances.

Quel est l’impact sur Denizbank, acquise par Sberbank en 2012 ?

Les sanctions interdisent aux investisseurs américains et européens de souscrire à des titres de Sberbank. Elles ne devraient pas s’appliquer à Denizbank. Mais Sberbank ne pourra pas faire remonter de cash. Le régulateur turc est très strict, il y a une limite sur les montants de prêts ou dividendes que la filiale peut envoyer à la maison mère.

VTB semble plus faible…

Nous sommes vendeurs sur le titre. Il s’agit d’une banque d’investissement, avec des activités internationales très volatiles et risquées. La banque est peu profitable, mal capitalisée. Les profits, quand ils existent, sont réalisés sur des activités qui ne sont pas core. Ce qui n’est pas soutenable à long terme. De plus, la banque n’est pas bien gérée, du fait de nombreuses acquisitions. Celle de Bank of Moscow n’a pas été un succès. VTB a déjà reçu de l’aide du gouvernement et devrait continuer à en recevoir. Nous sommes perplexes vis-vis de la performance de cours à partir de novembre, sans doute la conséquence de l’aide du gouvernement.

Attendez-vous une consolidation dans le secteur ?

La consolidation est déjà en cours. Mais du fait des problèmes de gouvernance, les banques sont méfiantes vis-vis des petits acteurs. Les grandes banques préfèrent acquérir des parts de marchés. Nous devrions donc assister à la disparition des petits établissements, tandis que les grandes banques s’accroîtront encore.

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