Coté, Virgin Money s’impose comme un acteur à part entière

le 16/10/2014 L'AGEFI Hebdo

La nouvelle banque britannique part à l’assaut du marché londonien, espérant convaincre sur la solidité de son bilan et sur son modèle économique différencié.

Coté, Virgin Money s’impose comme un acteur à part entière
Jayne-Anne Gadhia, directrice générale de Virgin Money, en compagnie de Richard Branson.
(DR)

Virgin Money va se frotter aux marchés financiers. Propriété conjointe de l’entrepreneur Sir Richard Branson (46,5 %) et du milliardaire américain Wilbur Ross (44,9 %), le prêteur de Newcastle a annoncé le 2 octobre son intention d’entrer à la Bourse de Londres ce mois-ci. Il a alors indiqué son intention de mettre sur le marché « au moins 25 % » de son capital et d’émettre quelque 150 millions de livres (192 millions d’euros) d’actions nouvelles. Les deux actionnaires ont déclaré qu’ils vendraient tous les deux une partie de leurs titres. Les 2.800 salariés de Virgin Money ne sont pas oubliés : lors de l’introduction, chacun recevra l’équivalent de 1.000 livres en actions. Au total, les analystes ont estimé que la banque serait valorisée entre 1,5 et 2 milliards de livres. Virgin Money est donc la quatrième banque cette année à vouloir se frotter aux marchés financiers, après TSB, Onesavings Bank et Aldermore. D’autres acteurs bancaires devraient aussi se lancer dans cette aventure dès le début de l’année prochaine, à l’image de la filiale britannique de Santander, Williams & Glyn ainsi que Shawbrook.

« Au cours des trois dernières années, nous avons transformé nos opérations, souligne Jayne-Anne Gadhia, directrice générale de Virgin Money. Nous avons étendu notre gamme de produits, augmenté le nombre de nos clients et la taille de notre bilan et amélioré notre rentabilité. » Fin prête, la banque avait averti de ses intentions de s’introduire en Bourse dès fin 2011 lors de l’annonce du rachat du premier établissement britannique nationalisé, Northern Rock : une acquisition qui lui a permis de récupérer en 2012 un réseau de 75 agences et près d’un million de clients. A l’occasion de son introduction, elle s’est engagée à reverser 50 millions de livres au gouvernement britannique, conformément à l’accord passé lors de l’achat de Northern Rock.

Singularité

Offrant essentiellement des prêts immobiliers, de l’épargne, des cartes de crédit, et plus récemment une offre de comptes courants, l’établissement insiste sur la singularité de sa proposition : à la différence des acteurs établis, il n’a pas été secoué par une myriade de scandales pour pratiques douteuses et vante au contraire la rigueur de son dispositif de gestion des risques. La banque a également pris soin de renforcer au cours des années son équipe de direction : dernier recrutement en date, celui de Glen Moreno, actuel président de Pearson (Financial Times) qui devrait prendre la présidence du groupe bancaire mi-2015 en remplacement de Sir David Clementi.

La banque a bâti son discours marketing sur la transparence de son offre de produits et sur celle de ses propositions tarifaires. La puissance de sa marque est aussi un élément de différenciation : fait plutôt rare dans le secteur des services financiers outre-Manche, Virgin Money a été élue au rang de banque la plus « cool » au cours des deux dernières années.

Son bilan reste un atout majeur : « Virgin Money est, à l’heure actuelle, une banque dont le bilan est largement constitué de prêts immobiliers, totalement financés par des dépôts, semblable en taille à TSB mais sans les bénéfices ou les coûts d’une plate-forme de distribution forte de 631 agences, explique Ian Gordon, analyste au sein d’Investec Securities. Le marché des prêts immobiliers outre-Manche est très attractif dans la mesure où il offre des retours au-dessus de la normale à la fois aux acteurs établis mais aussi aux nouveaux entrants. »

Ainsi, les projets de croissance de la banque dans ce secteur sont ambitieux : Virgin Money, qui compte 2,8 millions de clients, veut porter sa part de marché dans les prêts immobiliers de 1,6 % à 3 % et continuer à augmenter sa base de dépôts qui se monte à 21,1 milliards de livres. L’établissement financier, qui a racheté en août 2012 l’activité de cartes de crédit Virgin à MBNA qui les gérait depuis dix ans, s’est fixé pour objectif d’étoffer son portefeuille de 1 milliard à 3 milliards de livres d’ici à 2018. Enfin, Virgin Money, qui peut se targuer d’avoir un  ratio Core tier one de 14,4 %, soit bien au-dessus de la plupart de ses concurrents, veut porter ce chiffre à environ 15 % d’ici à fin 2016. « Notre capacité à délivrer de la croissance à une échelle significative, la qualité de notre bilan et l’absence de problèmes liés au passé font de nous une banque à part », signale Jayne-Anne Gadhia. Si Virgin Money n’a pas les moyens de tenir la dragée haute aux banques traditionnelles, elle s’impose déjà comme un acteur sur lequel il faudra compter.

59,7 MILLIONS de livres de résultat d’exploitation au premier semestre 2014, plus que sur toute l’année 2013

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