Les clients haut de gamme donnent de l’élan à Visa Europe en France

le 05/02/2015 L'AGEFI Hebdo

Le nombre de cartes Premier a crû de 12,3 % l’an passé. Avec des dépenses trois fois supérieures à la moyenne européenne.

Les clients haut de gamme donnent de l’élan à Visa Europe en France
Gérard Nébouy, directeur exécutif de Visa Europe France
(Damien Grenon)

La France est un marché mature et actif au sein du système Visa », relève Gérard Nébouy, directeur exécutif de Visa Europe France, à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 euro sur 4,2 y est aujourd’hui dépensé avec une carte Visa, contre un rapport de un sur six en Europe. En 2014, les transactions réalisées chez les commerçants ont atteint 5,8 milliards, marquant une progression de 10,7 %, pour un montant global de 268,6 milliards d’euros, en hausse de 8,2 %. « Nous gagnons des parts de marché face à nos concurrents et par rapport aux autres moyens de paiement », a souligné le dirigeant, citant le chèque et les espèces. Alors que plus de 500 millions de cartes Visa circulent en Europe, leur nombre a progressé de 11,5 % à 43,5 millions en France l’an passé.

Le segment Premium, dédié à une clientèle haut de gamme, a tout particulièrement dynamisé l’activité. Les cartes Premier, point d’entrée au sein de cet univers, ont progressé de 12,3 % à 5,5 millions. Ces cartes enregistrent en moyenne 15.000 euros de dépenses annuelles : « C’est trois fois plus que la moyenne européenne, déclare Gérard Nébouy. Nous communiquons sur l’usage de la carte, sur le fait qu’elle facilite par exemple les voyages. Nous avons beaucoup développé la notion de services, comparativement aux autres pays. » Au-delà des services d’assurances et d’assistance accompagnant les clients dans leur vie quotidienne ou leur déplacement, des offres spécifiques sont par ailleurs proposées aux détenteurs de cartes plus haut de gamme (cartes Platinum et Infinite), à l’image de services de conciergerie ou d’invitations à des spectacles. Les cartes Infinite, qui ont progressé de 9,8 % à 180.000, affichent des dépenses moyennes de 31.000 euros par an. Visa Platinum, lancée en 2011 pour se positionner entre la Visa Premier et la Visa Infinite, a totalisé 58.000 cartes, soit une progression de 171 %. Là encore, les montants moyens dépensés (20.000 euros par an) se révèlent attrayants.

Sur le segment des entreprises, « nous disposons d’une part de marché importante. Les entrepreneurs équipés d’une carte professionnelle sont aujourd’hui deux sur trois à posséder une Visa », s’est félicité Gérard Nébouy. Le nombre de cartes a limité sa progression à 4 % en 2014, pour atteindre 2 millions.

Dynamiser le paiement sans contact

Parallèlement, Visa Europe mise sur le développement du paiement sans contact en France, un marché qui peine toutefois à décoller. La marge de progression est importante : « 22 millions de transactions ont été réalisées en 2014, soit huit fois plus qu’un an plus tôt. Ce taux de croissance va demeurer élevé dans les années à venir », estime Gérard Nébouy, Visa Europe prévoyant 100 millions d’opérations de ce type en France en 2015. Si 44 % des Français sont aujourd’hui équipés d’une carte sans contact, l’objectif affiché est de porter ce taux à 55 % cette année. Encore faut-il qu’ils connaissent et utilisent ce mode de paiement. Selon un récent sondage réalisé par l’institut Odoxa pour le Syntec Numérique, seulement 15 % du panel avait déjà utilisé ce type de paiement, la grande majorité des Français interrogés (57 %) le jugeant inutile. « Les banques doivent faire des efforts de communication sur ce mode de paiement », a jugé Gérard Nébouy. « Les clients qui l’ont testé s’en servent régulièrement. Il s’agit d’une croissance exponentielle. Le développement du paiement sans contact est aujourd’hui une réalité en Europe », commente Nicolas Huss, président de Visa Europe. Dans l’Hexagone, l’équipement des commerçants reste encore limité, un terminal de paiement sur quatre permettant de réaliser ce type de paiement. Visa Europe France se donne pour priorité en 2015 de porter de 25 % à 40 % ce taux d’équipement, soit 500.000 terminaux actifs. Par ailleurs, la frilosité des consommateurs tient également aux inquiétudes liées à la sécurité. « Il s’agit d’un sentiment et non d’une réalité. Les paiements portent sur des montants inférieurs à 20 euros. Les fraudeurs ne s’attaquent pas à ça », explique Gérard Nébouy. « Le niveau de fraudes se révèle bien inférieur à celui observé en moyenne chez Visa », appuie Nicolas Huss.

Au-delà du paiement sans contact, la croissance de Visa Europe France passera par l’e-commerce. Alors que le volume des transactions en ligne par carte Visa a crû de 15,2 % en France l’an passé, à 34 milliards d’euros, le groupe entend déployer son portefeuille électronique V.me qui devrait être adopté prochainement par d’autres banques que LCL et BPCE. Ce dernier a vocation à couvrir 25 % des opérations en ligne cette année, contre 4 % en 2014. Un objectif ambitieux.

172 transactions par an pour un montant de 52 euros, c’est l’utilisation moyenne que les Français font de leur carte Visa.

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