L’avis de… Nicolas Hardy, directeur associé chez Standard & Poor’s

« Le capital est un facteur neutre pour la note du groupe »

le 15/05/2014 L'AGEFI Hebdo

« Le capital est un facteur neutre pour  la note du groupe »
Nicolas Hardy, directeur associé chez Standard & Poor’s
(DR)

Pourquoi avoir passé à « négative » la perspective attachée à la note de Crédit Mutuel ?

Nous avons modifié la perspective, tout en confirmant la note « A », le 29 avril, dans le cadre d’une revue de plus de 70 banques européennes dont la note intègre la possibilité d’un soutien extraordinaire de l’Etat. La directive européenne sur le redressement et la résolution des crises bancaires introduit la possibilité qu’à compter de janvier 2016 un Etat ne puisse soutenir une banque en difficulté qu’après que les créanciers, y compris seniors, n’aient subi des pertes. Nous avons donc signalé, comme pour d’autres banques, la possible disparition,

à terme, du soutien étatique actuellement inclus dans certaines notes.

Selon quels critères la solvabilité du groupe vous paraît-elle adaptée ?

Nous observons l’évolution des ratios réglementaires, mais nous évaluons la position capitalistique des banques selon notre propre mesure, le ratio S&P RAC (risk-adjusted capital ratio), et intégrons des éléments qualitatifs. Pour Crédit Mutuel, notre dernière estimation indiquait un ratio déjà supérieur à 7 %, qui devrait même atteindre 8 % à un horizon de dix-huit mois environ. Compte tenu de ces éléments, le capital est un facteur neutre pour la note du groupe.

Considérez-vous la volonté de diversification du Crédit Mutuel comme un point positif ?

En France, le groupe a une position commerciale de premier plan et solide, mais avec un potentiel de croissance limité à nos yeux. Selon nous, le groupe privilégie la croissance organique. Toutefois, des opérations de croissance externe contenues et proches des domaines d’expertise du groupe, comme les acquisitions de Targobank en Allemagne ou de Cofidis, sont aussi de nature à contribuer progressivement aux revenus et à la diversification des risques.

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