Les BFI affichent de bons résultats dans un contexte morose

le 04/09/2014 L'AGEFI Hebdo

L’activité des banques de financement et d’investissement françaises a repris, en particulier sur les métiers du « fixed income ».

Les BFI affichent de bons résultats dans un contexte morose
BNP Paribas, à Londres.
(E. Blanchet)

Elles sont la bonne surprise du deuxième trimestre pour les banques françaises. « Les BFI se distinguent par d’excellents résultats. Sur les 15 premières banques au niveau mondial, ce sont les seules qui ont des croissances de leurs revenus à deux chiffres », constate Philippe Morel, directeur associé senior au Boston Consulting Group. Les BFI hexagonales ont enregistré des résultats positifs portés par la reprise des activités de fixed income (activités obligataires, taux, changes, matières premières).

Les résultats de ces activités croissent de 9 % à 30 % par rapport au deuxième trimestre 2013, après avoir baissé de 15 % à 25 % sur un an au premier. « Le marché mondial des BFI a connu un deuxième trimestre très moyen à cause des activités de trading, de ‘fixed income’ et de change, qui connaissent un retrait au niveau mondial. Les banques françaises s’en sortent bien car elles ont un modèle  plus orienté clients. Elles dépendent davantage de l’activité des entreprises et ont réussi à fournir des opérations de change et de couverture à leurs clients », analyse Philippe Morel. Le contexte serait aussi devenu plus porteur pour ces activités de fixed income en Europe du fait des annonces de la banque centrale (BCE), selon KPMG. Et elles n’ont pas souffert de la faible volatilité, qui a même servi les activités de marché.

Chez BNP Paribas, les revenus du fixed income (taux et change) ont crû de 22,1 % au premier trimestre (986 millions d’euros). « Les revenus des BFI françaises ont été plutôt tirés par l’activité réalisée avec les ‘corporates’ et avec l’international », indique Eric Sebbagh, directeur, Roland Berger. Or ce sont justement deux axes de développement de BNP Paribas. La banque a bénéficié de la progression du change en Asie. Les revenus de son pôle action et conseil sont également en forte croissance, de 22,9 % sur un an (553 millions). Ils avaient déjà été bons en début d'année, et restent portés par une bonne dynamique sur les dérivés actions. La question se posait pour BNP Paribas d’éventuelles conséquences sur son activité de « l’accord » signé avec les autorités américaines le 30 juin. « Il n'a pas eu d'impact sur les performances opérationnelles », considèrent les analystes.

« L’activité a été soutenue par la clientèle des entreprises », a indiqué de son côté Philippe Heim, directeur financier de Société Générale. Cette banque a vu ses activités de fixed income augmenter de 9 % (676 millions) au deuxième trimestre. Elle a en revanche souffert sur son point fort, les métiers actions, dont les revenus ont crû de seulement 2,9 % (538 millions). Société Générale rappelle que cette activité avait bénéficié d’un gain de 98 millions sur la vente de créances de Lehman Brothers il y a un an. L’activité de courtage de Newedge, détenu à 100 % par la banque depuis début mai, a vu ses revenus baisser de 37,2 % en un an « sous l’effet de la restructuration des activités en cours et dans des conditions de marché difficiles », a précisé la banque.

Marché en transformation

Chez Natixis, acteur plus modeste, les revenus de la banque de grande clientèle ont été soutenus par les activités de marché et par l’international. L’activité taux, change, matières premières et trésorerie enregistre une forte croissance de ses revenus au deuxième trimestre, en hausse de 30 % (284 millions). L’activité actions a progressé de 12 % (126 millions), en particulier sur la zone Europe. « Le déploiement de l’activité dérivés actions se poursuit », a précisé la filiale de BPCE. Natixis a par ailleurs indiqué avoir fermé fin juin la structure de défaisance au sein de laquelle elle avait logé ses actifs toxiques pendant la crise. Quant à Crédit Agricole CIB, la banque a connu une activité dynamique dans le fixed income au deuxième trimestre, avec des revenus en hausse de 13,3 % (443 millions). Ces activités progressent par rapport au début de l'année, même s’ils étaient déjà en progression en 2013.

Reste à voir comment vont évoluer les activités et revenus des BFI à l’avenir. « Le marché du ‘fixed income’ est un marché orienté à la baisse malgré les bons chiffres et qui reste en  pleine transformation », considère Eric Sebbagh.

Elles s’en sortent bien car elles ont un modèle plus orienté clients

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