Immobilier

Les banques françaises jouent la carte des synergies

le 26/02/2015 L'AGEFI Hebdo

Chaque établissement capitalise sur ses atouts et cherche à maximiser les ventes croisées entre activités.

Les banques françaises jouent la carte des synergies
Site Eole à Montrouge. Futur siège social de Crédit Agricole CIB livré courant 2015 par Crédit Agricole Immobilier.
(DR)

L’immobilier constitue une activité incontournable pour les banques. « Cette classe d’actifs est très importante pour leurs clients, tant particuliers (généralement plus de 50 % de leur patrimoine) qu’institutionnels », souligne Bruno de Saint-Florent, associé chez Oliver Wyman. Dans ce domaine, chaque établissement dispose d’une organisation spécifique. « La stratégie gagnante ne repose pas sur une question de taille critique globale, mais plutôt sur des arbitrages visant à développer le maximum de synergies en fonction de leurs autres activités », poursuit l’associé.

Chez Société Générale, cette recherche de synergies s’est accélérée en 2013, année où a été recréée une direction des activités immobilières. Auparavant dispersées, ces activités sont depuis logées dans la division de la banque de détail en France, afin d’amplifier les ventes croisées avec le réseau. « Nous travaillons intensément sur l’accroissement des synergies entre nos quatre métiers (financement, crédit-bail, promotion et conseil). Cela s’illustre notamment par la proximité développée entre nos équipes de crédit-bail et de financements hypothécaires, ou encore par les produits que nos promoteurs peuvent proposer au réseau ou aux clients de la banque privée », explique Gérard Frabolot, responsable de la direction des activités immobilières de Société Générale.

Croissance organique

De même, chez Crédit Agricole, « les principales synergies attendues seront réalisées avec la banque de détail. Les caisses régionales et LCL nous offrent un vivier de 27 millions de clients », indique Michel Goutorbe, directeur général de Crédit Agricole Immobilier. La filiale, qui regroupe les différents métiers immobiliers du groupe, est depuis l’an passé détenue à parité par Crédit Agricole SA et les caisses régionales, pour permettre une meilleure intégration de l’activité au sein des réseaux. « Dans la promotion, la part du chiffre d’affaires réalisé avec le groupe s’élève à 76 % dans le tertiaire. Dans le résidentiel, la part de notre production de logement distribuée par les réseaux bancaires s’élève à 30 %, et a vocation à croître », poursuit le dirigeant. Dans le domaine des transactions immobilières, « l’établissement bancaire a tout intérêt à se rapprocher de son réseau de banque de détail, qui représente un accès privilégié à la clientèle de particuliers disposant de biens à vendre. Cela constitue un avantage concurrentiel par rapport à de purs acteurs de l’immobilier tels que les réseaux d’agents immobiliers », illustre Bruno de Saint-Florent.

Chez BNP Paribas, les activités sont logées dans la division Services financiers internationaux. « Nous proposons une palette d’offres couvrant tout le cycle de vie immobilier, via nos six métiers (promotion immobilière, transaction, conseil, expertise, gestion immobilière et gestion d’actifs immobiliers), déclare Thierry Laroue-Pont, président du directoire de BNP Paribas Real Estate. Une part de 20 % de notre chiffre d’affaires est apportée par d’autres activités de BNP Paribas. Des passerelles sont développées au quotidien avec la banque privée, l’assurance ou encore la banque de financement et d’investissement (CIB). » Si ses compatriotes se concentrent principalement sur la France, le terrain de jeu de BNP Paribas s’étend au-delà des frontières où, là encore, les synergies sont activées. « En Asie et au Moyen-Orient, où nous avons créé en 2013 deux plates-formes, l’ensemble des opérations nous est actuellement apporté par les divisions CIB et banque privée », explique Thierry Laroue-Pont.

BNP Paribas Real Estate, qui a réalisé quatre acquisitions depuis 2012, entend poursuivre dans cette voie, se disant notamment attentif à des opportunités dans la gestion d’actifs immobiliers au Royaume-Uni ainsi que dans le conseil en Allemagne. Du côté de Société Générale et de Crédit Agricole, le développement passera par la croissance organique. Chez BPCE, l’heure est au désengagement de participations jugées non stratégiques, à l’image de Foncia ou de Nexity. Aux côtés d’AEW Europe, filiale de gestion d’actifs immobiliers de Natixis, BPCE dispose de sa filiale de prêts immobiliers Crédit Foncier, avec qui le groupe resserre les liens. La filiale a plus que doublé l’an passé sa production de crédit aux clients du réseau, à près de 230 millions d’euros. « L’immobilier n’est pas un pôle d’activité uniforme, mais regroupe plusieurs segments, variant en fonction du type de clients, de biens, du rôle de la banque (promotion, administration, financement, transaction, conseil…) ou encore des zones géographiques. Chaque banque procède à une optimisation de son portefeuille et réévalue périodiquement ses choix de participation au sein des différents segments », conclut Bruno de Saint-Florent.

Plus de 50 %, c’est la part du chiffre d’affaires réalisé à l’international par BNP Paribas Real Estate en 2014.

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