Ballotté par ses dirigeants, Barclays doit retrouver le cap de la rentabilité

le 23/07/2015 L'AGEFI Hebdo

Après l’éviction d’Antony Jenkins, le président exécutif John McFarlane dévoilera la nouvelle feuille de route ce 29 juillet, lors de la publication des semestriels.

Ballotté par ses dirigeants, Barclays doit retrouver le cap de la rentabilité
John McFarlane assure l’intérim en attendant le recrutement d’un nouveau directeur général.
(DR)

Pour la presse anglaise, l’éviction d’Antony Jenkins, directeur général de Barclays, le 8 juillet dernier, a fait l’effet d’une défenestration. Dans un communiqué de presse laconique, le conseil d’administration de la banque, incarné par Sir Michael Rake, vice-président, a remercié l’action du professionnel au cours de ces trois dernières années tout en signalant que le temps était venu de faire appel à un dirigeant doté d’un nouvel « éventail de compétences ». Le piétinement de la stratégie, un manque de charisme et de vision auront finalement eu raison du maintien au sommet de Saint Antony, surnommé ainsi en raison du changement de culture opéré au sein de la banque depuis son arrivée. En attendant le recrutement d’un nouveau directeur général (DG) l’an prochain, l’intérim sera assuré par le pétulant et incisif président de Barclays, John McFarlane. Cet Ecossais de 67 ans est d’ailleurs un habitué des situations difficiles : après le départ précipité d’Andrew Moss suite à une révolte des actionnaires en mai 2012 chez Aviva, John McFarlane s’était vu confier le rôle de dirigeant exécutif de l’assureur et en avait profité pour lancer immédiatement après une revue stratégique.

Chez Barclays, ce sens de l’urgence est apparu très vite : sitôt l’assemblée générale de Barclays achevée fin avril, le professionnel s’était fendu d’une lettre aux actionnaires détaillant point par point ce qu’il attendait à l’avenir de la stratégie de la banque. En substance : la restructuration de ses entités légales au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la réduction de ses actifs dans la division « non centrale » (non core ), mais aussi la nécessité d’atteindre les niveaux de capitaux fixés. Vétéran des services financiers, le professionnel a désormais les mains libres pour imposer sa feuille de route : « Mack the Knife », comme le surnomme la presse britannique, a d’ailleurs immédiatement réitéré l’importance d’apporter de la valeur aux actionnaires en accélérant la génération de capital.

Génération de capital

Avec 5,1 %, la rentabilité des capitaux propres (RoE) du groupe bancaire est particulièrement faible. Avec un RoE de 2,7 %, la banque de financement et d’investissement (BFI) est encore plus éloignée de l’objectif de 12 % fixé par la banque à horizon 2016. John McFarlane a néanmoins tenu à réaffirmer l’engagement du groupe pour ce secteur : « Il serait appréciable que le prochain DG soit familier de la banque d’investissement », a-t-il souligné devant la presse. Une qualité qui faisait défaut à Antony Jenkins, pur produit de la banque de détail dont il avait supervisé les opérations européennes entre 2009 et 2012… Dans l’intervalle, les profits de la BFI, en retrait de 32 % sur une année, restent particulièrement médiocres (1,38 milliard de livres). A ce déclin spectaculaire des résultats, il faut ajouter les pertes de près de 1,2 milliard de livres engrangées par la division gérée en extinction de la banque, qui héberge un nombre important d’anciens actifs de la BFI. Pour les analystes, l’accélération de la réduction de ces actifs non core devrait être en tête de l’agenda.

Simplifier la bureaucratie fait aussi partie des priorités : 375 comités de gestion internes bloqueraient ainsi les procédures de décisions au sein de la banque, selon John McFarlane. Du côté de la division de détail, la nécessité de cantonner les activités de détail au 1er janvier 2019 dans le cadre de la réforme bancaire aurait déjà donné des idées au nouvel homme fort de Barclays : selon le Financial Times, John McFarlane serait en faveur du rachat d’une banque de détail ou d’une licence. Barclays est en effet la seule banque britannique ayant besoin d’une licence supplémentaire pour sa division cantonnée. Le président exécutif devrait définir un peu plus précisément la trajectoire du groupe à l’occasion de la publication des résultats semestriels. Réponse le 29 juillet prochain.

Bill Winters recentre StanChart

Chez Standard Chartered, Bill Winters (photo), nommé directeur général (DG) le 10 juin, vient d’annoncer la simplification des structures de la banque par zones géographiques autour de quatre divisions régionales (nord de l’Asie et Grande Chine, sud de l’Asie, Afrique et Moyen-Orient, Amériques et Europe) et par métiers, avec trois lignes : banques de financement et d’investissement ; privée et commerciale ; et de détail. Chacune lui reportera à compter du 1er octobre prochain.  L’équipe de direction sera désormais composée de treize personnes. L’ancien numéro deux de JPMorgan assumera la responsabilité des trois lignes de métier en remplacement de Mike Rees, vice-DG, qui l’aidera néanmoins à assumer la formulation et l’exécution de la stratégie. Ce dernier assumera en outre la supervision de StanChart et du marketing de la banque à compter du 1er octobre. Le groupe publiera ses résultats semestriels le 5 août prochain.

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