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L’Italie pourrait valoir aux marchés un été pourri

le 29/05/2018

Philippe Mudry

Voilà donc les rendements de la dette italienne revenus à leurs niveaux du début 2014.

Après le bref soulagement qui a suivi l’échec de la solution Conte, les marchés ont repris peur et envoyé les taux à deux ans à près de 1%, plus de cent points de base au-dessus de leur niveau d’il y a un mois.

L’envolée est comparable sur les taux à dix ans, avec un spread contre Bund au-dessus de 220 pb.

C’est beaucoup mais la zone euro a connu bien pire au début des années 2010. D’ailleurs, la politique italienne a des ressorts inattendus qui peuvent tromper les arbitragistes les plus avertis.

S’il est clair que certains hedge funds ont déjà renoué avec le plaisir de shorter la dette italienne, liquide à souhait, ce sport n’est pas sans risque ni sans limite compte tenu de la présence vigilante de la BCE.

A court terme notamment, le refus de la solution eurosceptique par la Président Matarella devrait donner le temps au gouvernement intérimaire que prépare Carlo Cottarelli de préparer quelques échéances cruciales pour l’Italie et l’Europe.

A commencer par le Sommet de la fin juin, si important pour l’Union bancaire, et la négociation avec Londres des conditions du Brexit, entre autres.

Mais le répit devrait être de courte durée. L’absence quasi-assurée pour la nouvelle équipe de majorité parlementaire conduira à de nouvelles élections en septembre, dont une nouvelle coalition M5S-Ligue pourrait sortir renforcée.

Une alliance électorale entre eux autour d’une rhétorique anti-européenne pourrait en résulter lors de la campagne.

C’est déjà la crainte des marchés qui doivent, dans ce cas de figure, s’attendre à un été pourri, surtout si la contagion aux autres pays du sud, pour l’instant relativement mesurée, prenait de l’ampleur

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