La chronique de l'actualité

Le nouveau président de la FED à l’épreuve des marchés

le 21/03/2018

Philippe Mudry

Pour tout nouveau président de la Réserve fédérale, la première réunion de politique monétaire prend des allures d’examen de passage.

Jerome Powell n’y échappera pas aujourd’hui. De ses décisions et de son discours dépendra en partie la qualité de son dialogue avec les marchés.

Ceux-ci ne doutent pas que de ce rendez-vous résultera une hausse des taux, portant la fourchette-objectif des fonds fédéraux à 1,5-1,75%.

Il s’agirait de la sixième du cycle de hausses engagé en décembre 2015.

L’intérêt de cette réunion ne s’arrête pas là. Jerome Powell est aussi attendu sur le profil de hausses des taux ultérieures qu’il a en tête.

Le consensus du marché reste en ligne avec les intentions de la banque centrale telles qu’exprimées jusqu’ici, soit trois hausses de taux en 2018 et deux en 2019.

Le tonus de l’activité l’aura-t-il convaincue d’aller jusqu’à 4 hausses cette année ? Ce serait une surprise au vu de la faiblesse de l’inflation, mais les décisions économiques récentes pourraient la justifier.

Le plan de baisses d’impôts impulsé par Donald Trump et voté par le Congrès devrait notamment entraîner une accélération d’une croissance déjà forte, et un creusement de quelque 1.000 milliards de dollars du déficit dès 2019.

L’OCDE vient pour cette raison de relever ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis à 2,9% cette année et 2,8% l’an prochain.

C’est 0,4 et 0,7 point de plus respectivement que les prévisions officielles.

La manière dont la Fed ajustera ses propres chiffres ainsi que l’objectif de taux qu’elle vise pour le long terme, prévu à 2,8% pour l’instant, est une décision de taille.

Le marché en tirera les conséquences sans délai sur la courbe des taux. Elles pourraient être fortes.

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