Wendel veut élever ses propres licornes

le 13/01/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Exclusif – La société d’investissement entend réorienter son pôle Wendel Lab vers le soutien direct aux start-up. Elle vient de recruter Antoine Izsak, jusqu’alors investisseur chez Bpifrance.

Le private equity ne connaît pas la crise
Le Wendel Lab pourra investir jusqu’à 50 millions d’euros pour participer à des tours de table de jeunes pousses en forte croissance.
(Kevin Schneider/Pixabay)

La famille Wendel a beau être issue d’une dynastie industrielle de maîtres de forges, elle n’entend pas passer à côté des opportunités de la nouvelle économie. Preuve en est, la société d’investissement cotée a décidé de donner un nouvel élan à son Wendel Lab. Discrètement lancée en 2013, cette activité quasi exclusivement dédiée à l’investissement en fonds de fonds veut élargir son champ d’action à l’investissement direct. Cela dans l’idée d’élever ses propres licornes. «Au vu des levées de fonds records dans la French Tech (comme Qonto ou Back Market cette semaine, ndlr), nous pensons que le timing de notre arrivée sur le marché concurrentiel du growth reste bon car le modèle Wendel fait sens pour ce type d'actif. La pandémie de Covid-19 a accentué le découplage entre l’ancienne et la nouvelle économie, faisant ainsi émerger toujours plus de modèles digitaux pertinents et donc d’opportunités d’investissement», confie le directeur financier de Wendel, Jérôme Michiels, nommé responsable du Wendel Lab.

Pour convaincre les entrepreneurs de tous bords, la société d’investissement compte sur sa capacité à suivre les dirigeants tout au long de leur parcours. Elle s’est aussi adjoint les services d’Antoine Izsak, jusqu’alors directeur d’investissement au sein de l’équipe large venture de Bpifrance. Ce dernier est attendu dans les prochains jours et sera nommé Lead of growth investments. Parmi ses dernières réalisations figurent des investissements dans l’expert du référencement sur Internet (SEO) Botify – lequel a levé 55 millions de dollars en septembre 2021 –, dans la plateforme de gestion de copropriété Matera (35 millions d’euros) et dans l’application SaaS Cubyn (35 millions d’euros).

Le Wendel Lab pourra investir jusqu’à 50 millions d’euros pour participer à des tours de table de jeunes pousses en forte croissance. Une montée en puissance qui ne devrait pas se faire au détriment de l’activité historique de fonds de fonds, pilotée par Christopher Witherspoon. Quelque 100 millions d’euros ont été investis sur cette stratégie depuis le lancement de Wendel Lab. L’investisseur a ainsi mis un pied dans la porte chez plusieurs grands fonds mondiaux de venture, à l’instar d’Andreessen Horowitz, d’Accel Partners et de Kleiner Perkins, avec lesquels il ambitionne de co-investir. «Le Wendel Lab devrait représenter entre 5 et 10% de l’actif net réévalué du groupe à horizon 2024», prévoit Jérôme Michiels.

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