La France émettra 114 milliards d’euros de dette nouvelle en 2022

le 22/09/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

programme d’émissions par l’Agence France Trésor
(AdobeStock)

Le besoin prévisionnel de financement pour la France atteindra 292,7 milliards d'euros en 2022, a indiqué mercredi l’Agence France Trésor (AFT) à la suite de l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi de finances pour 2022.

Ce besoin de financement résulte d’un déficit budgétaire de 143,4 milliards (en baisse de 54,2 milliards) et de 149,8 milliards d'amortissement de dette à moyen et long terme venant à échéance en 2022. La reprise partielle de la dette de SNCF Réseau ajoutera par ailleurs 3,1 milliards d’euros d’amortissements de dette à financer par l’État en 2022.

Programme à moyen et long terme inchangé

Ce besoin de financement sera couvert par un programme d’émission de titres d’État à moyen et long terme à hauteur de 260 milliards d’euros net des rachats, un montant équivalent à 2020 et 2021, réparti entre 113,7 milliards d’émissions de dette nouvelle et 146,3 milliards d’amortissement de dettes. Ce montant est en nette progression en raison de l’arrivée à échéance des dettes émises au moment de la crise de la zone euro. La hausse de l’encours de dette court terme (BTF) sera de nouveau limitée à 5 milliards, comme en 2021. La contribution du solde du compte du Trésor s’élèvera à 22,3 milliards.

La charge budgétaire de la dette est prévue à 38,4 milliards d’euros, dont 0,8 milliard d’euros de charges d’intérêt sur la dette partiellement reprise de SNCF Réseau, un montant identique à 2021.

Les détails du programme de financement moyen et long terme pour 2022 seront communiqués en décembre 2021.

Baisse du déficit

Parmi les bonnes nouvelles de 2021, la reprise de la croissance plus rapide que prévu a permis de réduire le déficit à financer de 220,1 milliards (dans la loi de finance révisée en juillet) à 197,6 milliards, et donc le besoin de financement de 338,3 milliards à 313,5 milliards.

L’Etat a choisi, pour compenser ce mouvement, de réduire l’encours net de BFT de 19,5 milliards initialement prévus à 5 milliards, et également sa ponction du compte du Trésor (de 48,4 à 32,8 milliards). Sachant que les très bonnes conditions de financement de la France sur les neuf premiers mois de cette année (-0,06 % sur les dettes à moyen-long terme) ont permis, via les primes à l’émission, de générer d’autres ressources de trésorerie à hauteur de 11,8 milliards (contre 6,5 milliards prévus dans la loi de finance révisée pour 2021).

La reprise de l’activité et l’amélioration de la situation sanitaire ont aussi permis de réduire les dépenses du Plan d’urgence de 7,8 milliards pour 2021, somme essentiellement affectée à la réduction du déficit. Le ratio dette/PIB devrait donc atterrir à 115,6% en 2021, puis à 114% a priori en 2022.

Cantonnement de la dette Covid

Concernant le budget défendu mercredi par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, il se montera à 454,6 milliards pour 2022 (après 494,8 pour 2021), dont 385 milliards de budget général, pour 310 milliards de recettes. Il s’entend hors le Plan d’investissement sur dix ans que le gouvernement doit annoncer dans les prochaines semaines, et hors les mesures récemment décidées pour les jeunes.

Une nouveauté portera sur la mise en place d’un système de cantonnement de la dette Covid, un programme budgétaire de 165 milliards qui reviendra à la rembourser sur 20 ans à partir de 2022, « par le fruit de la croissance dont résulteront les surcroîts de recettes, et non par des hausses d’impôts », assure Bercy. L’idée : extraire chaque année du budget à cet effet une fraction (de l’ordre de 6%) des recettes dégagées au-delà de leur niveau de 2020…

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