Boris Johnson aux portes de Downing Street

le 23/07/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sitôt élu Premier ministre, l’ancien maire de Londres devra déterminer un plan d’action destiné à sortir le Royaume-Uni de l’UE.

Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, devrait devenir Premier ministre britannique.
Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, devrait remplacer l’actuelle Première ministre Theresa May.
(Crédit European Union.)

Pour Boris Johnson, l’accession au poste de Premier Ministre britannique est presque chose acquise. Sauf accident, l’ancien maire de Londres devrait être élu ce mardi par quelque 150.000 membres du parti conservateur pour succéder dès mercredi à l’actuelle Première ministre Theresa May. Après avoir manœuvré pour arriver au pouvoir, Boris Johnson devra maintenant former son gouvernement. L’actuel chancelier de l’Echiquier Philip Hammond n’en sera pas : dimanche, le ministre des Finances a annoncé à la BBC qu’il démissionnerait de son poste si Boris Johnson devenait Premier ministre. Deux candidats seraient en bonne position pour lui succéder : la secrétaire d’Etat au Trésor Liz Truss mais aussi l’actuel ministre de l’Intérieur Sajid Javid, ancien banquier passé par Chase Manhattan Bank et Deutsche Bank.

Après la nomination des membres de son gouvernement, Boris Johnson devra très vite déterminer un plan d’action d’ici au 31 octobre, date prévue du Brexit. Tout au long de sa campagne, il a promis de renégocier rapidement l’accord de retrait avec Bruxelles tout en rejetant tout compromis sur la question du backstop irlandais. Une tâche qui s’avère quasiment impossible compte tenu du laps de temps - 12 semaines - avant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et de la détermination européenne à ne pas réouvrir l’accord de retrait.

Dans ce contexte, les préparatifs pour un Brexit sans accord devraient s’accélérer. «Il s’agira d’une tentative pour, à la fois, forcer l’UE à faire des concessions et la convaincre qu’il prend le 'no-deal' très au sérieux mais aussi pour atténuer toute possibilité d’interruption pour le commerce et les investissements si cela se produit, écrit John Springford, directeur adjoint au sein du think tank Centre for European Reform (CER). Il est cependant très peu probable qu’il parvienne à atteindre l’un ou l’autre de ces objectifs.»

L’autre grande difficulté sera de composer avec le Parlement : avec le soutien du parti unioniste nord-irlandais (DUP), Boris Johnson bénéficiera d’une courte majorité de 4 sièges à la Chambre des Communes, qui sera bientôt réduite à trois suite à une élection partielle organisée le 24 juillet. Et pour compliquer encore la donne, certains membres de son parti ne lui apporteront aucun soutien. L’hypothèse d’une motion de défiance faisant tomber le gouvernement à peine formé fait d’ores et déjà son chemin. Reste la question du timing : le parti Travailliste pourrait tabler cette motion avant les vacances parlementaires fixées au 25 juillet ou bien attendre l'automne.

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