Commerce: Chine et Etats-Unis adoptent une fragile trêve

le 01/07/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le cessez-le-feu entre les deux pays en pleine guerre commerciale, décidé en marge du G20 samedi, reste flou.

Au G20, à Osaka (Japon) le 28 juin 2019, première réunion des chefs d’Etat.
Au G20, à Osaka (Japon) le 28 juin 2019, première réunion des chefs d’Etat.
(G20 Japan)

A l’issue d’une rencontre en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon, samedi, les présidents chinois et américain Xi Jinping et Donald Trump ont promis de reprendre leurs négociations, pour mettre un terme à des mois de guerre commerciale, qui a déjà coûté des milliards de dollars aux économies des deux pays, et provoqué des turbulences sur le marché.  

«Les Etats-Unis ont indiqué qu’ils n’imposeraient pas de nouvelles taxes sur les exportations chinoises», a annoncé l’agence de presse officielle Chine Nouvelle. Pour sa part, Donald Trump a déclaré à la presse, au terme des 80 minutes d’entrevue, que les négociations étaient «à nouveau sur la bonne voie», et que Washington allait «attendre sur les droits de douane et ils [La Chine] vont acheter des produits agricoles. Si nous parvenons à un accord, ce sera un moment tout à fait historique», sans préciser de calendrier.  

De fait, cette trêve évite l’imposition de nouvelles taxes sur 300 milliards de dollars (263 milliards d’euros) de produits chinois supplémentaires. Depuis début mai, les Etats-Unis ont déjà relevé les droits de douanes sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises déjà taxées.  

Mais elle laisse nombre d’observateurs dubitatifs. D’autant qu’elle rappelle celle annoncée lors du précédent G20, en Argentine fin 2018, où les deux dirigeants avaient déjà engagé des discussions, tombées dans l’impasse début mai.  

Pour que ce nouveau round de négociations aboutisse, «les questions épineuses comme les technologies, les aides d’Etat chinoises et la protection de la propriété intellectuelle doivent être résolues», souligne dans une note la banque ING. 

Le dossier Huawei, l’équipementier chinois que les Etats-Unis bannissent chez eux, pressant leurs alliés de faire de même, est aussi central. Certes, dimanche, Larry Kudlow, conseiller économique de la Maison Blanche, a dit que Washington assouplirait ses restrictions aux ventes de composants américains à Huawei pour les produits «largement disponibles». Mais pas «les plus sensibles», au nom de la sécurité nationale. Or, «cette notion d’’atteinte à la sécurité nationale' est sujette à l’interprétation américaine», relève encore ING.  

Malgré un cessez-le-feu sur les droits des tarifs douaniers et de Huawei, «le conflit va se poursuivre sur d’autres fronts», y compris celui «des restrictions financières», estime dans une analyse Barclays. Trois banques chinoises risquent de perdre leur accès au système financier américain pour avoir prétendument violé des sanctions à l’encontre de la Corée du Nord.  

Sur le même sujet

A lire aussi