Les marchés actions débutent mal l’année 2019

le 03/01/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les indices S&P et EuroStoxx 50 ont franchi hier à la baisse les seuils respectifs de 2.500 et 3.000 points après la publication de chiffres d'activité inquiétants en Chine et en zone euro.

séance morose à Wall Street
Le S&P 500 est passé hier sous la barre des 2.500 en séance.
(Bloomberg.)

Le risque chinois jette de l’huile sur le feu. Après un bref répit en fin de semaine dernière, les marchés actions sont repassés dans le rouge hier. Les indices S&P et EuroStoxx 50 sont ainsi repassés en séance sous les seuils symboliques respectifs des 2.500 et 3.000 points, après la publication de chiffres d’activité inquiétants en Chine et au sein de la zone euro. Ce regain d’aversion pour le risque de la part des investisseurs a profité aux obligations des pays jugés les plus solides. Les rendements du Bund allemand et des Treasuries américains à 10 ans ont poursuivi leur fort mouvement de détente, pour chuter à des niveaux de seulement 0,16% et 2,67%, tous deux inférieurs de 60 pb à leur pic de 2018. Ils traduisent des anticipations de statu quo monétaire de la Fed et de la BCE cette année.

Pire performance mondiale en Chine

L'indice PMI Caixin/Markit montre que l'activité manufacturière en Chine s'est contractée en décembre pour la première fois depuis mai 2017 avec le recul des nouvelles commandes intérieures et à l'export à un niveau de 49,7, en recul après 50,2 en novembre, et inférieur aux attentes du consensus, de 50,1. Ces craintes ne datent pas d’hier, puisqu’avec une chute de 26% et 31% accusée en 2018 par les indices Shanghai et Shenzhen, les actions chinoises ont signé la pire performance mondiale. L’indice ChiNext des small caps de croissance dans les technologies et les nouvelles énergies a même chuté de moitié depuis le début 2016. Malgré les mesures de soutien mises en place par les autorités, la PBoC anticipe un recul de la croissance en dessous de 6,5% au dernier trimestre 2018.

Le doute sur les perspectives de croissance en zone euro a également été confirmé par le nouveau recul de l’indice PMI manufacturier pour le cinquième mois consécutif le mois dernier, à 51,4. En Italie, il est resté en territoire négatif, ce qui suggère que «l’économie italienne a subi une récession technique au deuxième semestre 2018», estime Oxford Economics. Outre la menace de dérive budgétaire en Italie, concernant l’issue du Brexit et de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les marchés craignent également qu’un resserrement trop important des taux de la Fed précipite, voire accentue, le ralentissement de l’activité américaine attendu à partir de cette année lié à la fin de l’effet des mesures de relance budgétaire mises en place par Donald Trump.

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