L’accord de gouvernement des partis populistes italiens inquiète les marchés

le 18/05/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

L’Italie face à la montée des partis eurosceptiques.
(Crédit UE/CE/M. Bottaro.)

La publication ce matin du contrat de gouvernement entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et La Ligue ne rassure pas les marchés financiers, même si celui-ci ne prévoit ni sortie de l'euro, ni effacement partiel de la dette du pays. L'indice de la Bourse de Milan cède 1,02% à la mi-séance. Les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses, avec des replis de plus de 4% pour Banco BPM, UBI Banca et BPER Banca. Intesa Sanpaolo et UniCredit cèdent respectivement 1,6% et 2,2%. Sur le marché obligataire, les rendements à 10 ans des bons du Trésor italien se tendent de 6,7 points de base à 2,174%.

Le document de 57 pages dévoilé ce matin appelle notamment à une révision des règles de gouvernance européenne. Contrairement à certaines fuites de ces derniers jours, il ne demande pas non plus d'exclure du calcul de la dette les rachats d'obligations opérés par la Banque centrale européenne (BCE).

En revanche, les deux partis populistes de Luigi Di Maio et de Matteo Salvini réclament que les dépenses d'investissement ne soient pas prises en compte dans le calcul du ratio dette/PIB. Ils veulent aussi une activation totale des objectifs du traité européen de Maastricht (1992), qui visent notamment à un renforcement de la légitimité démocratique des institutions européennes et une amélioration de leur efficacité. Le plan ne fait pas l'objet d'un chiffrage précis.

L'accord doit maintenant être soumis à l'approbation des militants des deux partis dans le cadre d'une consultation accélérée prévue sur trois jours, et qui doit donc s'achever dimanche. Un gouvernement pourrait dès lors être en place dans le courant de la semaine prochaine, onze semaines après les élections législatives du 4 mars qui n'ont produit aucune majorité évidente. Reste à s'entendre au préalable sur le nom du futur président du Conseil - chacun des deux dirigeants ayant exclu que l'autre accède au palais Chigi - et à obtenir l'aval du président de la République, Sergio Mattarella.

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