La levée du risque politique enfonce la volatilité à un plancher

le 15/05/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'indice VIX du marché actions est au plus bas depuis 1993, et la volatilité des changes touche le fond atteint en 2014.

La levée du risque politique enfonce la volatilité à un plancher
La confiance des investisseurs est au plus haut, et la volatilité implicite au plus bas.
(Photo UE / European Commission.)

La faiblesse de la volatilité commence à inquiéter les acteurs de marché. Le recul du risque politique en France avec l’élection d’Emmanuel Macron qui met fin aux craintes de voir un parti protectionniste et anti-européen accéder au pouvoir, a accéléré la baisse de la volatilité sur l’ensemble des marchés. Sur les marchés actions, le niveau de l’indice VIX américain est ainsi passé la semaine dernière sous le seuil des 10%, pour la première fois depuis 1993, alors qu’il était monté à près de 16% mi-avril. Les variations quotidiennes de l’indice S&P 500 constatées récemment sont même les plus faibles de son histoire. Parallèlement, le V2X, l’équivalent européen du VIX mesurant la volatilité de l’Eurostoxx 50, a chuté à environ 14% en fin de semaine dernière après avoir dépassé le seuil des 25% le 21 avril dernier.

«La tendance actuelle à la baisse de la volatilité des changes rappelle l’année 2014, lorsque qu’elle a chuté à des plus bas historiques, et qu’il avait fallu un choc d’offre sur les prix du pétrole pour inverser la tendance. Dans ce contexte, faute de catalyseur macroéconomique au cours des prochains mois et sous l’effet du débat sur la divergence entre sentiments et données économiques, une répétition de la période de faible volatilité de 2014 devrait s’installer», estime Nomura. La volatilité implicite 3 mois sur les cours croisés du dollar, euro, livre sterling et yen est revenue sur son niveau de fin 2014, alors que les trois premières ne sont plus qu’à un point des plus bas de 5% à 6% atteints mi-2014. A 7%, l’indice CVIX de volatilité des taux de change de Deutsche Bank n’est plus qu’à 2 points de son point bas de juillet 2014.

«Une confiance des investisseurs au plus haut, selon l'enquête Sentrix, une volatilité implicite au plus bas, et le sentiment d'une accélération de l'activité économique mondiale! Tout semble réuni pour une repondération des actifs risqués dans les portefeuilles internationaux», estime Aurel BGC. Les achats nets d’actions ont atteint un record de 8,8 milliards de dollars sur la semaine achevée mercredi dernier. Les actifs émergents ont aussi la cote avec 2,2 milliards de flux nets supplémentaires, ce qui portent les flux cumulés à 22 milliards pour les actions et 30 milliards pour les obligations souveraines émergentes, avec des hausses plus fortes que celle des flux vers les fonds des marchés développés, sur les actions (+2,1% contre +1,3%), et plus fortement sur les obligations d’Etat (+8,5% contre +3%).

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