La gestion britannique s’effraie de l’impact du Brexit

le 30/09/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Investment Association prévient que des emplois pourraient être touchés. Les sociétés britanniques gèrent 37% des actifs européens totaux.

La gestion britannique s’effraie de l’impact du Brexit
La perspective d'un «hard Brexit» inquiète particulièrement les gérants d’outre-Manche.
(Crédit Fotolia.)

Le Brexit donne des sueurs froides à l'industrie britannique de la gestion d'actifs. Sa principale crainte réside dans la possibilité que les clients d'Europe continentale rapatrient leurs activités de gestion d'actifs au sein de l'Union européenne une fois que le Royaume-Uni sera sorti du bloc européen. L'Investment Association (IA), organisation professionnelle qui représente les professionnels du secteur, a rappelé hier l'importance du hub mondial d'investissement qui s'est constitué outre-Manche.

Au Royaume-Uni, 2.200 milliards de livres (2.540 milliards d'euros) d'actifs étaient gérés pour le compte de clients internationaux à la fin de 2015 et 1.000 milliards de livres d'actifs étaient associés à des fonds domiciliés à l'étranger et gérés outre-Manche. En outre, l'actionnariat des gérants basés au Royaume-Uni a tendance à s'internationaliser. Les sociétés de gestion à capitaux américains opérant au Royaume-Uni représentent désormais 47% des actifs sous gestion de l'industrie. 

Dans le contexte du Brexit, l'IA rappelle surtout que les gérants britanniques pilotaient à la fin de l'année dernière 1.200 milliards de livres d'actifs pour le compte de clients basés en Europe, soit près de 37% du total des actifs européens. Un montant supérieur aux encours gérés par les industries française, allemande et italienne combinées.

La perspective d'un «hard Brexit», une rupture radicale avec l'Union européenne, inquiète particulièrement les gérants. L'impact sur l'emploi pourrait être significatif, la gestion britannique employant directement 37.000 collaborateurs et 92.000 en comptabilisant les fonctions associées. «L'industrie de l'investissement a bénéficié de la libre circulation des personnes à travers l'UE et un accès durable aux talents à l'échelle mondiale est de la plus haute importance pour que l'industrie puisse continuer à prospérer», relève l'IA, qui ne chiffre toutefois pas les possibles suppressions de postes en cas de Brexit. 

L'Alternative Investment Management Association, qui représente les hedge funds et autres gérants alternatifs, a déjà conseillé aux acteurs de sécuriser leurs activités en installant des entités et en enregistrant des fonds sur le continent. Le gérant coté Intermediate Capital Group (22 milliards d'euros d'actifs) pense ainsi immatriculer des sociétés régulées au Luxembourg et en Irlande avant même la finalisation des négociations sur le Brexit.

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