Visa veut entrer en Bourse par la grande porte

le 26/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si les investisseurs font le même calcul, l’offre de Visa devrait susciter l’intérêt. Ce qui ferait d’abord les affaires de ses actionnaires actuels. Car l’émetteur de cartes entend leur restituer 10,2 milliards de dollars sur les 15,6 milliards qu’il compte lever net de frais - sur la base d’un prix de 39,50 dollars par action et hors exercice d’une option de surallocation de 40,6 millions. Ces actionnaires sont d’abord des banques américaines et canadiennes. Principaux bénéficiaires: JPMorgan, Bank of America ou encore Citigroup. A 39,50 dollars par action, les trois établissements devraient empocher respectivement, selon nos calculs et les détails du prospectus, plus de 1,1 milliard de dollars, 560 millions et 270 millions. Et ce sans compter la vente des 40,6 millions de titres supplémentaires.

Les banques devraient même y gagner deux fois car elles figurent aussi parmi les huit groupes chargés de diriger l’offre, aux côtés de Goldman Sachs, Merrill Lynch, HSBC, UBS et Wachovia. Au total, 41 maisons de titres participeront à l’opération, parmi lesquelles, côté français, BNP Paribas et Calyon. Sachant que l’émetteur estime à 1,17 dollar par titre ses frais d’offre, toutes ces banques se partageront une partie des 475 millions de dollars minimum que Visa versera à des intermédiaires.

Le groupe américain, qui s’est séparé l’an dernier de Visa Europe, devrait par ailleurs immobiliser 3 milliards afin de faire face aux nombreuses poursuites judiciaires en cours qui l’opposent, notamment, à ses concurrents American Express et Discover, ou à des réseaux de distributeurs. Comme MasterCard, le réseau est accusé de pratiques anticoncurrentielles par ses détracteurs. Ils lui reprochent, entre autres, de fixer arbitrairement les commissions d’interchange que se versent ses membres.

Cela dit, Visa vend aussi aux investisseurs les perspectives d’un marché des cartes de crédit en pleine expansion. Citant des données du rapport Nilson sur le secteur, le groupe s’attend à une croissance moyenne annuelle du nombre de transactions par cartes de 11 % entre 2006 et 2012, les zones Asie-Pacifique, Moyen-Orient / Afrique et Amérique latine en constituant le fer de lance. Des régions où il entend faire porter son développement.

Sur l’année 2007, Visa a d’ailleurs enregistré une hausse de 16 % des volumes traités et a vu son chiffre d’affaires croître d’un tiers, à 5,2 milliards de dollars. Il pèse plus lourd que MasterCard, American Express et Discover réunis en termes de volumes traités. Dans ce contexte, seul un ralentissement brutal pesant sur les dépenses des ménages pourrait l’obliger à revoir son scénario.

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