Vinci ne voit pas les turbulences sur les crédits contrarier ses projets en 2008

le 29/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe affichait fin 2007 un coût de financement de 5,2% et assure avoir une protection renforcée contre le risque de taux

Dans un métier à forte intensité capitalistique (comme les concessions), l’élargissement des marges de crédit est a priori une mauvaise nouvelle. Néanmoins, lors de la présentation de ses résultats, Vinci a tenu à se montrer rassurant sur ce plan.

Certes, en 2007, les frais financiers nets ont augmenté de près de 20% à 811 millions d’euros. Mais selon le groupe, les deux tiers de l’augmentation sont imputables à l’accroissement de la dette (+1,5 milliard à 16,3 milliards d’euros). Malgré une capacité d’autofinancement de 4,5 milliards, les investissements ont en effet été nombreux (1,3 milliard dans les concessions, 2 milliards sur un plan financier) et se sont ajoutés aux dividendes et rachats d’actions.

Ainsi, Vinci a précisé que l’effet de la hausse des taux est resté contenu. Grâce aux protections du groupe, le coût de financement est passé de 4,82% à 5,21 % entre décembre 2006 et décembre 2007, alors que sur la période, taux longs et taux courts ont gagné 70 et 120 points de base (pb).

Depuis, une nouvelle dégradation a eu lieu sur le marché, comme en témoigne l’iTraxx passé de 50 à 110 pb en deux mois. «Si la crise dure quinze ans, on sera nécessairement pénalisés», ironise Christian Labeyrie, le directeur financier. Mais à court terme, la confiance reste de mise. «100% de la dette nette à fin 2007 est à taux fixes ou taux variables 'capés'», souligne Vinci, qui précise aussi n’avoir «aucun refinancement nécessaire avant 2012». Mettant en avant «une protection renforcée et dynamique contre le risque de taux», Vinci se dit donc parfaitement en mesure de pouvoir couvrir ses investissements malgré un marché de la dette tendu.

Même une opportunité inattendue ne devrait pas le déstabiliser. «S’il faut mobiliser quelques milliards d’euros pour une opération, on les a», a rappelé Christian Labeyrie. La dette nette de 16,3 milliards correspond en effet à une dette financière de plus de 20,3 milliards et à une position de trésorerie de 4,1 milliards. En ajoutant 6,6 milliards de lignes de crédit confirmées, Vinci indique même disposer de «plus de 10 milliards d’euros» de liquidités.

Finalement, il n’y a que sur l’allongement de la maturité de la dette que Vinci se veut plus prudent. En un an, il l’a portée de 6,8 à 7,2 ans. Mais il reconnaît qu’aller au-delà du niveau actuel risquerait de lui coûter trop cher.

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