UBS se retrouve en situation délicate dans le cadre de l’affaire Madoff

le 24/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque helvétique, dépositaire de Luxalpha le fonds luxembourgeois promoteur de Madoff, va devoir faire face à la fronde des investisseurs

Particuliers fortunés, sociétés de gestion, petits porteurs, etc. : le scandale Madoff a touché un nombre considérable d'investisseurs, qui fourbissent leurs armes pour demander réparation. UBS se place en première ligne des réclamations puisque la banque helvétique est dépositaire de l’un des fonds phare directement exposé à Madoff, Luxalpha. Pis, UBS, qui était également gérant du véhicule, en a transféré la gestion à la société Acces International le 17 novembre, soit trois semaines avant que le scandale éclate. «Le rôle d’UBS est limité à celui d’administrateur - via UBS Fund Services Luxembourg, intégré à UBS Global Asset Management - et de dépositaire - via UBS Luxembourg. La Sicav Luxalpha est gérée par Access Management Luxembourg, qui ne fait pas partie d’UBS», indiquait la banque suisse dans un communiqué du 18 décembre. 

«UBS essaie de démontrer qu’elle n’avait pas un rôle de gérant et donc d’échapper aux poursuites pouvant être engagées en sa qualité de société de gestion du véhicule», explique un avocat. «La vraie interrogation est de connaître le vrai niveau de due diligence et d’audit qui a été réalisé sur les investissements de type Madoff, poursuit-il. UBS doit démontrer qu’elle a rempli sa mission en termes de contrôle». Contacté par L’Agefi, UBS n’a pas souhaité faire de commentaires.

Les bureaux d’avocats sont mobilisés. «De nombreuses banques sont touchées et font appel à nos services. Les grands noms de la place ont été contactés pour plancher sur le dossier», indique un cabinet londonien.

UBS n’est pas le seul acteur sur la sellette. HSBC, dépositaire du fonds irlandais Thema International, est également dans la ligne de mire des victimes. De même que les cabinets d’audit respectifs des deux banques, Ernst & Young et PWC. «Notre angle d’attaque concerne ces quatre acteurs, dont nous recherchons la responsabilité», explique Fabrice Rémon, associé de la société de conseil aux investisseurs Deminor, qui entend porter plainte. 

En outre, le régulateur boursier américain est plus que jamais pointé du doigt. «Le rôle de la SEC (Securities ans Exchange Commission) dans cette affaire suscite la plus grande interrogation», souligne un avocat. Une cliente du courtier a ainsi porté plainte contre le régulateur pour ne pas avoir découvert l’escroquerie lui ayant fait perdre quelque deux millions de dollars.

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