Total met l’accent sur les investissements pour 2008

le 14/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ils seront portés à 19 milliards de dollars contre 16 milliards l’an passé. Parallèlement, le groupe se veut moins offensif sur les rachats d’actions

Les réactions aux résultats de Total ont été mitigées. Si le groupe a promis une hausse «significative» de sa production en 2008 et a maintenu l’objectif de croissance moyenne de 4 % jusqu’en 2010, certains ont regretté que le pétrolier ne donne pas de chiffre pour cette année. Même tendance côté réserves. Certes, constate Dresdner, « la durée de vie des réserves prouvées de douze ans reste élevée ». Toutefois, regrette le bureau, « le taux de remplacement a été faible » : 78 % en organique et 23 % en incluant les acquisitions et cessions.

En tout cas pour l’avenir, Total a décidé de mettre l’accent sur le développement de l’activité et partant sur les investissements. De 16 milliards de dollars en 2006, l’enveloppe va passer à 19 milliards cette année. Credit Suisse n’attendait pas plus de 18,5 milliards. Sur ces 3 milliards supplémentaires, les trois quarts seront imputables à l’activité, soit quelque 2,25 milliards : la moitié liée aux coûts et l’autre moitié affectée directement à l’augmentation de la production. Quant aux 750 millions restants, ils s’expliquent par les effets de change.

Des effets qui se sont déjà fait sentir sur l’exercice passé, avec un euro/dollar passé de 1,26 à 1,37. Dans l’aval, la progression des marges de raffinages (+12 %) a ainsi été gommée par la baisse du billet vert. L’impact est également manifeste à l’échelle du groupe avec un opérationnel ajusté des secteurs en baisse de 5 % en euros (23,96 milliards), mais en progression de 4 % (32,83 milliards) une fois converti en dollars. En laissant de côté les effets de change, la comparaison avec les concurrents s’avère donc plutôt flatteuse. CM-CIC avance même que Total « conserve les meilleurs coûts de production et la croissance la plus forte parmi les super majors ».

Reste un autre élément à prendre en compte pour le marché. Avec un environnement changeant et un effort marqué en direction des investissements, la politique actionnariale évolue. Certes, en janvier, Total a encore racheté pour 211 millions d’euros d’actions. Mais par rapport au passé, le pétrolier a décidé de réduire ses programmes. De 2,8 % du capital en 2006, ils sont tombés à 1,4 % en 2007. Et Total n’hésite pas désormais à dire que les rachats d’actions ne sont pas une bonne manière de gérer l’avenir du groupe.

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