Les télécoms n’ont pas encore fermé le chapitre des restructurations

le 29/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La rentabilité des opérateurs historiques reste fortement influencée par les conditions d’exploitation de leur réseau domestique fixe

Si l’internationalisation des groupes de télécoms européens leur a permis d’aller chercher une croissance de plus en plus difficile à trouver sur leur marché historique, les résultats 2007 des principaux opérateurs, plutôt bons dans l’ensemble, prouvent néanmoins que leur performance opérationnelle est encore significativement corrélée aux conditions d’exploitation de leur activité de téléphonie fixe. Le rythme des restructurations et des interventions réglementaires, variables selon les pays, permet à certains d’entre eux de mieux tirer leur épingle du jeu dans un contexte d’évolution technologique rapide de la voix commutée vers le tout IP et de la substitution du fixe par le mobile.

Le déclin du fixe a ainsi été particulièrement prononcé pour Deutsche Telekom avec une baisse de 2,1 millions de ses connexions fixes l’année dernière, un record en Europe ; la perte de 757 millions d’euros publiée hier au titre du quatrième trimestre est ainsi largement imputable à des provisions pour préretraites dans le cadre d’un plan de baisse des coûts annuels «supérieur à l’objectif initial de 4,7 milliards d’euros d’ici à 2010». Portugal Telecom a pour sa part enregistré au cours du dernier trimestre des coûts de restructurations de 134 millions dus principalement au recul de 3,9% des revenus de la téléphonie fixe domestique. KPN a annoncé début février qu’il allait «porter son plan de réduction des effectifs de 2.500 à 4.500 personnes d’ici à 2010» avec 250 millions d’euros d’économies à la clé et que ses activités néerlandaises historiques auraient retrouvé le chemin de la croissance à cette échéance.

Grâce à une érosion de ses lignes fixes limitée à 0,3%, les revenus et l’excédent brut d’exploitation (EBE) de Telefonica en Espagne ont augmenté sur ce segment de respectivement 3,7% et 5,7% l’année dernière. La contribution accrue des nouveaux services et une meilleure productivité ont également été à l’origine de la croissance de 1,4% des activités résidentielles domestiques de France Telecom en 2007, accompagnée d’un EBE en progression de 8,9 %. L’opérateur français va toutefois devoir, d’ici à l’été prochain, publier de nouvelles conditions d’accès à ses fourreaux, afin de permettre à ses concurrents d’installer leurs propres connexions en fibre optique «de manière non discriminatoire», selon le communiqué publié hier par l’Arcerp qui régule le secteur.

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