Le Tankan japonais enregistre sa plus forte baisse depuis 1975

le 15/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’indice trimestriel de confiance des entreprises nippones a nettement chuté, tombant ainsi à son plus bas niveau depuis près de sept ans

Dans l’Archipel, la confiance n’est plus. C’est du moins ce que montre le Tankan qui a atteint son plus bas niveau depuis près de sept ans, mais a surtout enregistré sa plus forte chute depuis février 1975. De fait, l’indice trimestriel de confiance des dirigeants japonais de grandes entreprises calculé par la Banque du Japon (BOJ) est passé de -3 affiché en septembre à -24, signifiant, s’il était besoin, que les groupes nippons entendent réduire leurs dépenses et leurs effectifs. Compte tenu de l’actualité et comme un symbole, l’effondrement de la confiance est encore plus marqué dans le secteur automobile où l’indice est passé de -5 à -41.

Bien que conformes aux attentes ces chiffres inquiètent tout de même les observateurs, le pays étant déjà en pleine récession. Le chef économiste de Nomura, Takahide Kiuchi, explique ainsi que les répercussions de la crise, ayant causé de «sérieux dégâts chez les exportateurs», commencent à se diffuser. Son homologue chez Bank of America, Tomoko Fujii, s’attend à une période de sévérité au cours des prochains mois, en soulignant que la situation à l’étranger s’est dégradée «tellement rapidement et dramatiquement» que cela en devient «très dangereux». Et de prédire que la récession devrait «persister au cours du premier semestre de l’année prochaine», tous les signaux étant au rouge avec des conditions d’emprunts plus défavorables ou des capacités de production en excès.

Un pessimisme partagé par le gouverneur de la BOJ, Masaaki Shirakawa, qui a prévenu dans le Financial Times que l’économie japonaise pourrait continuer de se contracter au cours du prochain exercice, qui clôturera en mars 2010. Inquiets, les membres de la banque centrale japonaise entendent d’ailleurs se pencher sur ces résultats au cours d’une réunion prévue vendredi prochain. Pour autant, avec un taux d’intérêt de référence déjà très bas, à 0,30%, ces derniers n’ont que très peu de marges de manœuvre. Les économistes interrogés par Bloomberg s’attendent ainsi à ce que l’autorité monétaire conserve en l’état son principal taux directeur.

Le chef économiste de Calyon Capital Markets au Japon, Susumu Kato, a toutefois tenté d’être un peu plus mesuré, soulignant que la déclaration de Masaaki Shirakawa était «un peu choquante» dans le sens où aujourd’hui il est difficile de faire des prévisions jusqu’à cette période.

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