Le Sepa entre en phase de migration pour les virements

le 24/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Première concrétisation de l'espace unique de paiement en euros, le virement Sepa sera traité par les banques à partir du 28 janvier

Le virement est mort, vive le virement Sepa. Le processus de migration au standard Sepa (Single Euro Payments Area) débutera le 28 janvier. « Les banques françaises sont prêtes à recevoir les nouveaux formulaires avec identification BIC/Iban en remplacement du RIB. Elles avaient un an de plus pour l’envoi de ce type de formulaires. Dans leur quasi-totalité, elles sont également prêtes », a indiqué mercredi Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). Le Comité national Sepa, coprésidé par la FBF et la Banque de France, se félicite que 4.000 banques deviennent ainsi joignables en Europe.

«Pendant la période de migration, le format RIB est conservé. Toutefois, maintenir deux chaînes informatiques est plus risqué et coûteux. Par ailleurs, le mouvement doit aussi avoir pour conséquence de réduire le nombre de plates-formes de compensation. Il est donc possible qu’une date commune soit fixée pour une bascule généralisée au virement Sepa, probablement fin 2011. En France, nous pensons parvenir à une taille critique en 2010 », a expliqué Didier Bruneel, coprésident du Comité.

La bascule définitive devrait être réalisée lorsque 50 % des donneurs d’ordre et 75 % des opérations seront au fait du nouveau format. Administration et grandes entreprises se sont engagées à tenir la cadence, même si le projet Sepa s’intègre, à l’image de ce qui est prévu au ministère de l’Economie, à d’autres évolutions informatiques nécessaires. Au gré des diverses études, le projet Sepa nécessiterait de 5 à 10 milliards d’investissements pour les banques, et de 10 à 15 milliards pour les utilisateurs. Le bénéfice attendu s’élèverait à 120 milliards d’euros, à condition que la cohabitation entre normes nationales et européennes ne dure pas plus que prévu. « Les économies d’échelle sont à considérer avec la multiplication d’opérations transfrontières, précise Didier Bruneel. Aujourd’hui, le flux des opérations de paiement intra-européennes n’est que de 2 %. Inexistantes sur le prélèvement, elles portent surtout sur les cartes, pour 5 % des flux. »

Or, le projet Sepa trébuche sur la question des cartes de paiement, la Commission ayant donné six mois à MasterCard pour modifier sa grille de commissions sur les transactions intra-européennes. « De ce fait, nous sommes dans une période d’incertitude et de gel des initiatives », a regretté Ariane Obolensky.

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