La SEC en miettes

le 16/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Quand on lui demandait pourquoi il avait nommé comme premier président de la SEC Joseph Kennedy, expert en hautes et basses spéculations, Franklin Roosevelt répondait: «Il m’en fallait un de cette sorte pour attraper les autres.» De fait, le père du futur président assassiné allait faire remettre de l’ordre sur un marché dont il connaissait toutes les roueries. Hélas, ce temps n’est plus. Si l’affaire Madoff est un désastre pour l’industrie de la gestion, elle achève de déconsidérer cette tour de contrôle du marché. Pour rater un éléphant de cette taille s’ébrouant dans le corridor, il faut croire soit qu’elle est désormais peuplée d’enfants de chœur, soit déplorer sa malchance inouïe, soit admettre que son exceptionnel talent à regarder ailleurs, alors qu’elle a été plusieurs fois, et de sources variées, mise en garde sur le caractère anormal des performances affichées par Bernard Madoff, est suspect. Faut-il y voir l’effet d’une complaisance inavouée à l’égard d’un ancien président du Nasdaq que ses compétences et son entregent avaient mis dans les petits papiers du régulateur? Faut-il redouter pis? Quoi qu’il en soit, les investisseurs du monde entier, qu’ils aient ou non fait les frais de cette déconfiture, constatent que la première Place du monde dispose d’un système de régulation digne des meilleures années de la rue Quincampoix. Le tandem Obama-Geithner n’a pas de chantier de reconstruction plus important ni plus urgent.

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