Le régulateur suisse craint qu'UBS et Crédit Suisse annoncent de nouvelles pertes

le 01/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ces nouvelles dépréciations seraient liées plus largement aux activités de cartes de crédit ou de prêts

La crise prendrait-elle une autre dimension ? Alors que pour la première fois un groupe industriel, Bristol-Myers-Squibb en l’occurrence, annonce une dépréciation de 275 millions de dollars liées à des obligations CDO (lire page 7), le régulateur suisse s’inquiète de nouvelles dépréciations qui toucheraient des grandes banques suisses, mais qui ne seraient plus seulement liées à la déconfiture du crédit immobilier américain.

La Commission fédérale des banques (CFB) s'attend à ce qu'UBS et Credit Suisse inscrivent de nouvelles pertes dans leurs comptes. «Les risques aujourd'hui ne se limitent plus au subprime. Ils débordent désormais sur les cartes de crédit et les prêts aux entreprises et aux particuliers», a déclaré son président, Daniel Zuberbuehler, dans un entretien publié jeudi, dans le quotidien Blick. «Aussi longtemps que durera la crise, il y aura de nouvelles dépréciations», a-t-il dit, en faisant référence à UBS. «On ne peut exclure que d'autres problèmes surviennent», a-t-il ajouté.

Plus généralement, «les gens se demandent quels seront les prochains krachs, c'est-à-dire les secteurs qui seront les prochains à se retrouver sous pression... Il n'est pas exclu que la situation empire encore», a ajouté Daniel Zuberbühler. «Les banques européennes, en particulier en Grande-Bretagne, devront faire face cette année au ralentissement d'une économie domestique difficile».

Mercredi, UBS a annoncé pour le dernier trimestre quatre milliards de dollars de dépréciations supplémentaires par rapport à ses précédentes estimations, soit au total 18,4 milliards de dollars de dépréciations en 2007 . «C'est une mauvaise nouvelle pour le secteur bancaire, montrant à quel point le marché des papiers titrisés a été défavorable au quatrième trimestre. Cela pourrait préfigurer d'autres mauvaises surprises», commente Dirk Becker, analyste chez Kepler Equities, cité par Reuters. Il s'agit du premier résultat négatif du groupe depuis sa fusion avec la Société de Banques suisses (SBS) il y a dix ans.

Quelques jours plus tôt, Credit Suisse avait indiqué son intention de supprimer environ 500 emplois dans ses activités de banque d'investissement. Mercredi, Standard & Poor’s a revu la note d’UBS de stable à négative, celle de Credit Suisse de positive à stable. Celui publie ses résultats le 12 février.

A lire aussi