Plusieurs responsables de la BoJ penchent pour un relèvement des taux

le 28/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale nippone pense qu'il est naturel de réfléchir à une hausse des taux plutôt que d'envisager une baisse, comme les économistes

La Banque du Japon (BoJ) préparerait-elle les économistes à la douche froide ? Plusieurs responsables de la banque centrale sont intervenus pour expliquer aux investisseurs qu’ils n’entendaient pas baisser les taux d’intérêt, bien au contraire. Des déclarations qui vont à l’encontre de ce qu’espèrent plus de la moitié des économistes.

Après le gouverneur par intérim, Masaaki Shirakawa, et son adjoint Kiyohiko Nishimura, Miyako Suda, membre du conseil de politique monétaire de la BoJ, est intervenue pour expliquer que l’autorité monétaire n’était pas encline à suivre les conseils des marchés. Elle a plutôt appelé ces derniers à partager la vision de la BoJ sur la nécessité d’agir « résolument » en cas de besoin, même si aujourd’hui toute intervention « agressive » est exclue. Par rapport à la direction actuelle de la BoJ, qui s’est prononcée en faveur de hausses graduelles des taux tant que l’économie en aurait besoin, Miyako Suda s’est montrée un peu moins souple. Elle affirme qu’il est «naturel» d’envisager une hausse des taux d’intérêt compte tenu des conditions économiques actuelles jugées très « accommodantes » pour cela.

Tous les trois sont également d’accord sur l’attention avec laquelle la BoJ va devoir suivre l’ensemble des risques, à la hausse comme à la baisse, que font peser sur l’économie japonaise, la crise actuelle, le ralentissement économique américain et la volatilité des marchés financiers. Plus particulièrement ces responsables s’inquiètent de la conjoncture actuelle pour les « petites entreprises » et « celles avec des projets d’investissements ». C’est ce qui les pousse à affirmer que la banque centrale agira de manière « décisive » dès qu’apparaitront les premiers signes négatifs.

Du côté de la Banque du Japon, on reste en effet très préoccupé par l’envolée des cours des matières premières, qui pourrait faire peser des risques inflationnistes à terme. L'inflation s'est d'ailleurs accélérée en février, à 1%, soit son niveau le plus élevé depuis mars 1998. Toutefois, également préoccupée par le ralentissement économique américain, Miyako Suda affirme qu’il y a aussi une grande chance pour que la croissance économique nippone « se ralentisse plus que prévu ».

Face aux diverses pistes ouvertes, les analystes ont préféré ne retenir que l’envie d’agir avec « flexibilité », les poussant à continuer de croire en la possibilité d’une baisse des taux, comme le précise Yoshimasa Maruyama de BNP Paribas. Hier, le dollar s’échangeait contre 99,96 yens.

A lire aussi