Peu perturbée par la crise, BNP Paribas se tourne résolument vers l’avenir

le 21/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque a détaillé sa stratégie dans chacun de ses métiers, mais s’est gardée de faire des prévisions dans la banque de financement et d’investissement

Pas de mauvaise surprise chez BNP Paribas : les résultats, comme son exposition à la crise, détaillés hier, correspondent à ceux annoncés le 30 janvier dernier. Par ses projections, le groupe se démarque également de nombre de ses concurrents, pour qui la crise continue à agir comme un écran de fumée. «Nous prévoyons de continuer à surperformer nos compétiteurs en 2008», explique Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas. Il s’est attelé à donner une explication de la stratégie de la banque dans tous ses grands métiers d’ici à 2010.

Ainsi, sur son premier marché domestique, le groupe maintient son objectif de croissance du produit net bancaire (PNB) de 4% en moyenne (hors effet PEL/CEL), contre 4,1% en 2007, soit un point de plus que la progression des coûts. En ce qui concerne sa clientèle de particuliers, le groupe souhaite «franchir une nouvelle étape» en prévoyant de réaliser plus de 10% des ventes via internet en 2010, auprès de 2,5 millions de clients «utilisateurs réguliers d’internet». Après avoir ouvert 230.000 comptes (net) en 2007, la banque souhaite continuer à gagner des parts de marché dans la banque de détail et «maintenir le leadership» dans la banque privée, tout en augmentant les actifs gérés de plus de 10% par an. En rachetant aussi les banques régionales de HSBC France ? "Ce ne serait pas totalement illogique", répond Baudouin Prot, qui botte en revanche en touche sur le dossier Société Générale.

En avance sur le plan d’intégration, les synergies prévues chez BNL (480 millions d’euros en 2009) devraient être réalisées dès cette année. Le PNB devrait croître d’environ 6% par an, contre 6,5% l’année dernière, avec un effet de ciseau positif de 5 points par an. «L’idée que BNL serait en vente est stupide. C’est un actif hyperstratégique dans la zone euro-méditerranéenne et un des moteurs de croissance pour les prochaines années», tranche Baudouin Prot. Estimant avoir atteint la taille critique en Italie, BNP Paribas juge qu’il «n’y a pas d’urgence à faire des acquisitions, surtout aux prix actuels, qui ne sont absolument pas compatibles avec la discipline de BNP. Une telle opération signifierait immédiatement une destruction de valeur pour nos actionnaires», ajoute Baudouin Prot. D’ici à la fin de l’année prochaine, 100 agences doivent être ouvertes dans le pays et la totalité des agences existantes rénovées.

Dans les autres pays, où la banque possède des banques de détail, 600 nouvelles agences devraient voir le jour pour porter le nombre total d’agences à 2.600, contre 2.200 en France. Près de 6 millions de nouveaux clients devraient y être accueillis (contre 6,1 millions dans l'Hexagone), tandis que les services financiers devraient attirer 14 millions d’autres clients, à qui les services bancaires seront également proposés pour «accroître les revenus par client». Et ce surtout dans les pays émergents, où le groupe compte réaliser un tiers du PNB en 2010, grâce à une croissance annuelle du PNB de ce pôle de 10%, comme dans la gestion d’actifs. A l’échelle du groupe, la part des revenus des pays émergents doit par ailleurs être doublée, à 15%, d’ici à trois ans.

Dans la banque de financement et d’investissement, l’objectif est «lourd», selon Baudouin Prot : reproduire en 2008 les revenus «records» de 2007, soit 8,3 milliards d’euros. Même si le directeur général se félicite que le «navire BNP Paribas ait su braver la tempête», dans ce métier seul, il se garde de faire des prévisions au-delà de la fin de l’année.

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