Un partage d’Iberdrola jugé possible d’un point de vue industriel et financier

le 31/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les observateurs sont en revanche partagés sur les éventuelles réactions politiques, et incertains quant au calendrier envisageable

« Pas de commentaire » chez EDF et chez Iberdrola. « Aucun accord signé », selon ACS. Les réactions des intéressés n’ont toutefois pas empêché hier le marché de continuer à spéculer sur les informations du Financial Times évoquant des négociations entre EDF et ACS en vue d’un partage d’Iberdrola (dont ACS détient déjà 13 %). D’autant que l'électricien français n’a jamais caché son intérêt pour l’Espagne s’il y est le bienvenu.

« Notre équipe actions juge cette rumeur crédible », remarque d’ailleurs une note de la recherche crédit d’Oddo. Le titre Iberdrola en a profité pour gagner 3,03 % (9,51 euros) et les analystes pour plancher sur les scénarios possibles.

EDF reprendrait ainsi moins de 10 % des activités espagnoles et les actifs hors Espagne et Amérique latine (notamment Scottish Power). Sur la base de 11,75 euros par action (25 % de prime), CM-CIC calcule dans une note que la valeur d’entreprise concernée serait de 25,8 milliards d’euros pour la part d’EDF. « Ce qui est largement finançable puisque selon nos estimations, sur la base d’un financement de 50/50 (equity/dette), le gearing d’EDF ex-post serait de 79 % pour un ratio dette/Ebitda EDF-Iberdrola allégé de 1,5», poursuit le bureau.

L’intermédiaire y voit néanmoins un léger bémol. Jusqu’ici les rumeurs évoquait plutôt une offre d’EDF seul. Or, en s’alliant avec un partenaire, l’opération pourrait s’avérer pour lui un peu moins rentable puisque « le cœur de la rentabilité en Espagne - l’Espagne fait avec Génération et Distribution 35 % de l’Ebitda - échapperait à EDF ».

En compensation, un deal à deux pourrait permettre « une résolution possible du nœud politique de l’affaire », estime-t-il. Un paramètre essentiel lorsque l’on se souvient des débats qui ont entouré la reprise d’Endesa. Mais tous ne sont pas convaincus qu’un tel montage suffirait pour obtenir un aval politique. « Cette opération pourrait subir l’hostilité du gouvernement espagnol qui refuserait de voir un deuxième groupe énergétique espagnol se faire démanteler après le rachat d’Endesa par Enel », estime Oddo.

Le calendrier suscite aussi des interrogations. Beaucoup, comme Banesto, considéraient jusqu’ici que les mouvements n’auraient pas lieu avant les élections du mois de mars. Mais, ajoute la banque espagnole, « la récente chute du marché pourrait bien avoir mis en marche les premiers mouvements en vue de la réorganisation du secteur énergétique ».

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